Ile Maurice: Fourniture d'eau interrompue - Trois employés de la CWA arrêtés

Dans les milieux proches de l'enquête, l'on avance que le mot d'ordre viendrait «d'en haut» de donner priorité à ce dossier. Les faits remontent au 1er novembre 2019. Chandveersing Juwaheer, Assistant Inspector et deux de ses coéquipiers, Dhanewswar Mungur et Irfaan Koodoruth, reçoivent un appel de leur supérieur hiérarchique. Ils sont informés que des habitants des Plaines-Wilhems sont privés d'eau. Les employés se rendent sur place et ouvrent les vannes. Cependant, ils étaient loin de se douter qu'ils feraient l'objet d'une enquête policière et qu'ils seraient arrêtés par la suite.

Arrêté mercredi, Chandveersing Juwaheer, âgé de 30 ans, souligne en présence de son avocat, Ilshad Munsoor, qu'il avait reçu des instructions à cet effet. «On m'a expliqué qu'il y avait un problème au réservoir de Candos. Une fois sur place, j'ai reprogrammé la valve d'eau en la tournant à six reprises», a expliqué l'employé qui compte sept ans de service au sein de la CWA. Il persiste : il a simplement exécuté les ordres qui lui ont été donnés.

Toutefois, la police lui reproche une mauvaise manipulation de la valve, qui a, par ricochet, affecté la fourniture d'eau dans certaines régions de Moka, soit dans la circonscription du Premier ministre. La police accuse également Chandveersing Juwaheer d'avoir agi sans la présence d'un chef inspecteur ou d'un Senior Officer de la CWA. «Si on ouvre une valve sans connaître les technicités, cette manoeuvre peut influencer la fourniture d'eau potable dans un autre endroit. C'est ce qui s'est passé ce jour-là», explique une source policière.

Une accusation provisoire de «interference with water supply» en vertu de l'article 349 du Code pénal a été retenue contre Chandveersing Juwaheer. Il a comparu devant la cour de Moka. La police a objecté à sa remise en liberté, soutenant que d'autres arrestations sont imminentes dans cette affaire. Les deux autres employés, Dhanewswar Mungur et Irfaan Koodoruth, ont, en présence de leurs hommes de loi, Yatin Varma et Assad Peeroo, nié les accusations portées contre eux. «J'ai tourné la valve selon les instructions», a expliqué Irfaan Koodoruth. Les débats sur sa motion de remise en liberté auront lieu aujourd'hui, au tribunal de Moka.

Selon une autre source proche du dossier, une inculpation sous cette accusation est rare. «Dans le passé, autant que je sache, il n'y a eu aucune arrestation à la suite d'un problème de fourniture d'eau. D'ailleurs, ces employés n'ont même pas eu l'occasion de s'expliquer lors d'un comité disciplinaire, et n'ont reçu aucune lettre de suspension de la CWA.» Dans les milieux policiers, plusieurs estiment qu'il s'agit là d'un un excès de zèle de la police vu que ces accusations sont généralement déposées contre des membres du public alors que dans ce cas-ci, ce sont des fonctionnaires qui se retrouvent au banc des accusés.Sollicité pour une intervention, un haut cadre de la CWA n'a souhaité faire de commentaire, soutenant que l'enquête policière est en cours.

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