Afrique: Forum économique mondial - Davos pour sauver le climat

Forum économique de Davos

La 50e édition du Forum économique mondial (WEF) s'ouvre, le 21 janvier à Davos en Suisse, sur le thème « prévention de l'érosion de la solidarité internationale ». L'échec à mettre en place une action climatique adéquate est désormais perçu par les leaders de l'économie mondiale comme un grand risque.

Pour la première fois dans l'histoire, le climat s'est hissé au rang des cinq premières inquiétudes du rapport annuel du Forum économique mondial. Jusqu'à vendredi, environ trois mille participants issus de l'économie, de la politique, des sciences et de la culture vont devoir se coaliser en quête de solution.

La 50e édition du forum sera consacrée à la « prévention de l'érosion de la solidarité internationale » et s'appliquera à mettre en place la cohésion politique nécessaire pour répondre au changement climatique.

« L'horizon se rapproche pour la prévention, voire même la réduction de certaines conséquences des risques climatiques. Il est inquiétant de constater que face à cette évolution, alors que les défis qui se présentent à nous exigent une action collective immédiate, les fractures au sein de la communauté mondiale semblent ne faire que s'aggraver », a affirmé Borge Brende, le président du WEF.

L'une de ces fractures est la position des Etats-Unis qui non contents de s'être retirés de l'Accord de Paris sur le climat prévoient de créer des emplois supplémentaires dans le secteur du charbon.

Cependant, notons que le milieu des affaires semble le plus conscient de l'enjeu climatique. Récemment, BlackRock, le plus grand gestionnaire de fonds au monde avec un portefeuille d'actifs évalué à 7000 milliards de dollars, a révélé de prochains changements dans la politique d'investissement relative aux défis climatiques.

« Le changement climatique est devenu un facteur déterminant dans les perspectives à long terme des entreprises. Les preuves du phénomène obligent les investisseurs à réévaluer les hypothèses de base de la finance moderne », a affirmé Larry Fink, le président et directeur général de BlackRock.

« Se muer en centre de propositions »

Le forum de Davos veut se réinventer. Ne plus être seulement un « speed dating » ou un « grand cirque » de la mondialisation mais se muer en centre de propositions sur l'avenir de la planète.

Les organisateurs du « World Economic Forum » (WEF) cherchent à gommer l'image d'un « club des riches ». Pour l'édition 2020, ils invitent, outre de jeunes activistes comme Greta Thunberg, l'un des initiateurs du mouvement « Occupy Wall Street », Micah White.

Sur internet, l'Américain explique que sa participation « sera certainement suicidaire pour (sa) réputation » mais plaide pour une « difficile alliance » entre activistes et élite.

Depuis l'organisation en 1971 à Davos par l'économiste allemand Klaus Schwab d'un austère « Symposium européen de management », la population mondiale est passée de 3,7 à 7,7 milliards de personnes.

La planète se réchauffe, la part de la Chine dans le PIB mondial a au moins quintuplé, la guerre froide a pris fin sans que n'émerge un nouvel ordre mondial. Le « symposium » est devenu « une sorte de speed dating » de responsables politiques et économiques, décrit Pierre Moscovici, ancien ministre français puis commissaire européen.

Depuis la création de ce forum, la question de la pertinence de Davos est posée chaque année. Mohamed El-Erian, ancien patron du puissant fonds Pimco, a appelé à « repenser » l'événement afin que les participants ne s'y rendent plus seulement « pour voir et être vus », mais pour des débats de fond.

Klaus Schwab, auquel tous les habitués de Davos reconnaissent un entregent phénoménal, a mis depuis quelques années déjà à l'agenda le climat et les inégalités, invitant des activistes et des ONG, avec une volonté « sincère » d'enrichir le débat.

Alors que sa succession reste incertaine, il veut faire de son Forum un centre d'expertise incontournable et a déjà entrepris d'essaimer sur d'autres continents. Mais la devise officielle du WEF - « Voué à l'amélioration du monde » - hérisse toujours les pionniers du mouvement altermondialiste, qui avaient lancé en 2001 à Porto Alegre un « contre-Davos », le Forum social mondial, en perte de vitesse depuis.

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