Cameroun: Me Alice Nkom - « Il faut inscrire les droits des personnes homosexuelles dans l'agenda politique »

20 Janvier 2020

Les élections législatives et municipales approchent. Dans le but d'une nouvelle carte politique au Cameroun. Alice Nkom appelle les nouveaux faiseurs de lois à prendre en compte les droits des homosexuels.

Un déjeuner-débat a eu lieu à Douala. En présence des personnes dites « minorités sexuelles » sous le thème « encourager les acteurs étatiques et non étatiques à inscrire les droits des personnes homosexuelles dans l'agenda politique du Cameroun. D'entrée de jeu et dans le ton qu'on lui connait, Me Alice Nkom a plaidé « Je défends l'homosexualité depuis 1972 » et pour confondre ses contradicteurs, elle a convoqué la loi divine, aime ton prochain comme toi-même. Parce que les homosexuels sont des êtres humains.

Le décor était planté. Elle est allée puiser dans le code pénal Camerounais de 1965 ou la notion d'homosexualité n'était pas visible. Et puis, est survenue cet article 347 (bis), sous forme d'ordonnance, introduite par « effraction » par le président Ahmadou Ahidjo, réprimant l'homosexualité comme délit. Pour Alice Nkom, ce texte illégal et anticonstitutionnel a fait des dégâts mortels et gâché des destins. Il est temps d'arrêter la saignée au Cameroun.

Au cours des débats, on a fait allusion à la charte Africaine des Doits de l'Homme et des peuples ratifiée par le Cameroun. Elle interdit la discrimination sur la base notamment de la race, de l'ethnie, de la couleur, du sexe, de la langue, de la religion, de l'opinion politique... Aussi, cette rencontre avait pour but de trouver des voies et moyens pour réduire les violences basées sur le genre touchant en particulier les personnes LGBTQI et leurs défenseurs. Notamment la violence et les violations des droits de l'homme sur les questions de l'orientation sexuelle et de l'identité sexuelle.

Bien plus et au demeurant, si on note des avancées sur l'évolution de la mentalité vis-à-vis des droits des homosexuels, il faut noter pour le regretter des poches de résistance. Aussi, dans un contexte ou les jeunes s'intéressent à la politique, les députés qui vont sortir des urnes après les législatives du 9 Février devraient « faire des lois sur les principes d'égalité de tous et non discriminatoires. Parce que le loi sur l'interdiction de l'homosexualité est une loi discriminatoire ». Présents dans la salle, les homosexuels ont répondus à l'unisson « Nous sommes des homosexuels. Cela ne change rien à notre personnalité »

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