Cameroun: Qui a tué l'avocat Sylvain Souop ?

20 Janvier 2020

Maître Sylvain Souop est mort au centre des urgences de Yaoundé. Quatre jours après un banal accident de la circulation survenu dans la nuit du 10 au 11 janvier 2020 au cours duquel il est sorti avec un bras fracturé. Il était coordinateur du conseil de défense de Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle d'octobre 2018 au Cameroun. Depuis, les langues se délient et des interrogations fusent.

Défense de la « victoire volée »

Il s'est illustré comme le défenseur farouche du candidat à l'élection présidentielle Maurice Kamto devant le conseil constitutionnel. Coordinateur d'un collectif des avocats, il défendait en mondo vision la « victoire volée » du candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Un feuilleton judiciaire plein de rebondissements politiques. Le 26 janvier 2019 par exemple, plus de 200 militants et cadres du parti ont été arrêtés et jetés en prison à la suite d'une marche de revendication de cette « victoire volée » jugée illégale par les pouvoirs publics. Et puis il ya ce jour fatidique du 16 janvier 2020 ou l'avocat décède dans un établissement hospitalier de Yaoundé. L'onde de choc crée se répand de part et part. On s'interroge sur les circonstances réelles de cette mort celui qui avait eu une fracture du bras dans l'accident de la nuit du 10 au 11 janvier et dont le cas n'étai ni critique, ni désespéré.

Mort troublante

La toile s'est embrasée, en se livrant aux commentaires les plus tendancieux. Assassinat politique, erreur médicale ou port naturelle ? Au cours d'un point de presse donné à Yaoundé, Le collectif des avocats assurant la défense des droits et libertés des dirigeants du MRC est « inquiet des circonstances troublantes qui entourent le décès, lesquelles appellent des investigations sérieuses et approfondies pour qualifier la nature des soins et actes médicaux qui lui ont été administrés dans ce centre en soins d'urgences du samedi 11 janvier au jeudi 16 janvier date de sa mort » Pour le quotidien La Nouvelle Expression « cette sortie du collectif vient mettre de l'huile au feu » De fait, au sein de la formation politique dont il assurait la défense, les doutes entourent les circonstances dans lesquelles et décédé Me Sylvain Souop. Toute chose qui ont fait sortir le ministre Jean de Dieu Momo de sa réserve « Arrêtez de politiser le douloureux décès d'un confrère »

Pluie d'enquêtes.

Le journal Le Messager révèle que l'avocat est « décédé au cours d'une intervention chirurgical » Dans ce cas, les uns évoquent l'hypothèse d'une erreur médicale, les autres une mauvaise anesthésie. Quant à lui, le ministre de la santé publique à prescrit l'ouverture d'une enquête administrative. Dans un communiqué rendu public, Malachie Manaouda écrit « Je viens d'inscrire une enquête administrative en même temps que j'ai saisi l'ordre national des médecins pour connaitre les circonstances exactes de cette importante perte » Il en est de même pour le barreau des avocats dans lequel était inscrit Me Souop qui a ouvert une enquête indépendante pour l'affaire. Maximilienne Ngo Mbe, défenseure des droits de l'homme et présidente du Réseau pour la défense des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) estime que « le mieux serait de confier l'autopsie à des experts internationaux pour lever toute suspicion »

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Camer.be

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.