Tunisie: Souvenirs, souvenirs - Mokhtar Naïli - Ex-gardien international du CA - «Attouga est un phénomène»

20 Janvier 2020

Le monde l'a découvert lors du plus grand événement planétaire, le Mondial de football. En 1978, Mokhtar Naïli a tout simplement crevé l'écran, revêtant le costume d'un homme-clé de l'épopée tunisienne en Argentine. A Buenos Aires, les puristes ont ainsi pu apprécier ses prouesses, ses performances et ses arrêts à l'instinct comme on dit. A l'évidence, ce furent ses qualités techniques et athlétiques, ainsi qu'une capacité à assumer la pression et l'obligation de résultat qui ont poussé Abdelmajid Chetali de trancher entre Naïli et le géant Attouga.

Deux valeureux portiers du Club Africain en concurrence au sein du Team Tunisie.

C'est peu commun, mais mérité pour les deux. Et à Mokhtar Naïli de justifier le choix du coach d'en faire le N°1 en Argentine. Antérieurement, l'idée avait germé dans l'esprit du sélectionneur tunisien juste après le match de préparation contre les Pays-Bas. Il était écrit quelque part que la carrière de Mokhtar Naïli allait prendre un sacré virage, se transformant de facto en un destin hors du commun. Jamais dévoré par la résignation même s'il a évolué dans l'ombre de Sadok Sassi, Mokhar Naïli est un gardien de but invraisemblable, un véritable phénomène qui ne connaissait ni la méforme, ni la saturation, ni la pression, ni la blessure. Au CA, c'était un compétiteur-né, toujours disponible, humble et volontaire. Et si dans la légende du Club Africain, plusieurs gardiens ont marqué l'histoire, ce sont Attouga et Mokhtar Naïli qui ont le plus excellé. Après Attouga, il était difficile de dénicher un nouveau phénomène dans les cages. Naïli aura eu le mérite de s'en sortir honorablement. Les choses se sont ensuite accélérées et enchaînées. En Argentine, il sortira trois matches d'anthologie, surtout face au Mexique et la RFA.

Doté d'un riche palmarès, Mokhtar Naïli a été sacré champion de Tunisie à quatre reprises. Il a aussi brandi la Coupe de Tunisie trois fois. Quant au palmarès international, il comprend trois Coupes du Maghreb des clubs champions.

Qui dit mieux : «Du côté de La Cagna, je me suis adonné à mon sort favori en côtoyant les Nasri, Khouini et autre Abada. J'ai fait mon apprentissage en tant qu'attaquant et mes idoles s'appelaient Attouga et Tahar Chaïbi. Mon admiration pour ce tandem m'a poussé à signer au profit du CA en 1968. J'ai débuté sous la houlette de Amri chez les cadets. Puis, avec l'avènement de Nagy, ce dernier a décelé chez moi certaines aptitudes spécifiques au poste de gardien de but.

Cependant, je savais qu'évoluer dans l'ombre de Attouga sera une grande épreuve de patience. L'aura de Sadok Sassi était telle qu'il était difficile de l'imiter. En football, seul le travail et la persévérance paient. En 1972, j'atteins un palier, puis un pic même. Grâce à un encadrement de tout premier ordre, je monte en grade et en puissance. Vous savez, outre la qualité des joueurs sous la main, la réussite est forcément liée à un encadrement payant. Je n'oublierais jamais feu Slim Aloulou, patron de la FTF et membre du comité exécutif de la Fifa. Son apport pour nous autres était incommensurable.

Grand communicant, cet "omni-président" était aux petits soins, omniprésent ! Son mandat à la tête de la FTF est pour moi la période-référence de l'histoire du football tunisien».

«Chetali-Hizem : des innovateurs, des précurseurs»

«Pour revenir au terrain, je suis bien entendu redevable à l'homme de l'Argentine, Chetali. Un rapport quasiment filial, des liens d'amitié et une confiance inébranlable en son groupe. Voilà la méthode Chetali.

Outre Abdelmajid Chetali, il y a eu aussi Ameur Hizem, un coach émérite, un ponte formé à la rigueur allemande. Que de grands joueurs ont pris du galon sous sa coupe. Il a bâti un onze valeureux qui a remporté la médaille d'argent aux Jeux méditerranéens de 1971, puis la coupe de Palestine en 1973. Il était convaincant et lucide, un véritable expert. Méticuleux, tout comme Chetali, il avait surtout cette aptitude à nous aider à surmonter les situations difficiles. Chetali et Hizem étaient des innovateurs, des précurseurs. Ils étaient en avance sur leur temps.

Ils nous faisaient travailler une panoplie de gestes inédits tout en mutualisant des énergies positives. A terme, on récolte ce que l'on sème».

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