Cameroun: Donnez son rêve au peuple !

Au lendemain de la visite du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, au Cameroun, tout en sérénité et à trois mois du coup d'envoi du Championnat d'Afrique des Nations 2020 qu'abrite notre pays, on ose désormais se projeter dans l'avenir proche avec plus d'optimisme.

Sans toutefois relâcher la pression et l'effort soutenu dans tous les compartiments du cahier de charges des préparatifs. Néanmoins, pour la première fois depuis longtemps, les Camerounais peuvent enfin se préparer mentalement à vivre, à huit mois d'intervalle, deux grandes et belles fêtes du football : le Championnat d'Afrique des Nations et la Coupe d'Afrique des Nations.

Des cadeaux inespérés qui tombent comme une manne providentielle dans un pays où le football est une passion partagée, une seconde religion. Ils s'annoncent surtout en pleine décrispation socio-politique, après que les populations ont enduré le spectacle des violences verbales et des actes de guérilla urbaine depuis trois ans.

Si la fête du football arrive à point nommé, comme une éclaircie dans le ciel de Yaoundé, elle ne doit pourtant rien au hasard. Tout part en effet de la volonté du chef de l'Etat d'offrir à ses compatriotes, et à la jeunesse en particulier, traumatisés par la cruelle désillusion de la CAN 1972 organisée au Cameroun, une méga fête du football.

Les vicissitudes de l'histoire récente ont occasionné un report de date de la CAN 2019, certes. Mais qu'importe ! La fête annoncée n'en sera que plus belle, idéalisée par le désir et la longue attente.

Le temps est donc arrivé de mobiliser les énergies positives autour de l'organisation de la fête africaine du football, afin d'en faire un grand moment de fraternisation, de fair-play et de bonheur.

Peu de rêves, de projets ou de mythes unissent autant les Camerounais entre eux que le football, grâce aux joies innombrables que les Lions indomptables ont disséminées à travers leurs exploits, et grâce au statut d'exemplarité où Paul Biya les a hissés.

En effet, elle est loin l'époque où certains regardaient le football de haut, et raillaient l'investissement dans ce sport populaire. Ce n'est pas ça qui développera le pays, disait-on, tout en soupçonnant les dirigeants d'en user comme d'un opium du peuple.

Il faut en convenir : il n'y a pas meilleure école que le sport, et le football en particulier, pour le dépassement de soi, le culte de l'effort, l'endurance, la tolérance, le vivre-ensemble.

S'appuyant sur la légende des Lions indomptables, bâtie d'année en année avec patience et ténacité, les Camerounais, toujours aussi amoureux de leur équipe nationale, ont pu faire le constat qu'elle était désormais le meilleur ambassadeur du pays dans le monde.

Une mission que les Lions et les Lionnes prennent à cœur, comme on a encore pu en avoir la preuve récente, avec les prises de position de Nchout Ajara et de Samuel Eto'o, entre autres, pour défendre l'honneur du Cameroun. Oui, le pays du Mont Cameroun, du poivre de Penja, des Chutes de la Lobe ou du miel d'Oku, est aussi devenu, et de manière plus prégnante, le pays des Lions indomptables. Faisant de l'équipe nationale un porte-étendard, un marqueur identitaire, un label national !

Mais c'est en les entourant comme un père et en les érigeant en modèles pour toute la société que le président de la République a réussi le tour de force de les faire migrer dans l'imaginaire collectif. L'esprit Lions, ou le Lions' Fighting Spirit, tant vanté et montré en exemple par lui a inspiré et aiguisé la rage de vaincre de bien des générations de jeunes.

Il a nourri la fierté nationale. Il a par ailleurs pu apaiser les frustrations de ceux qui croulaient de désespoir, meurtris par l'échec ou les difficultés de la vie, et imaginant l'ascenseur social en panne.

Il a également ennobli l'idée d'une carrière dans le football, scrutée désormais comme un vecteur d'accomplissement individuel à part entière, et non plus comme un repaire de marginaux et de laissés-pour-compte.

Ce que nous nous préparons à célébrer est donc en réalité une union complexe, qui conjugue à la fois le peuple camerounais, son président, le football, et les Lions indomptables ! La légende du football camerounais n'aurait toutefois pas été parfaite sans la réparation du préjudice d'image que causait à notre pays et à sa sélection nationale l'absence d'infrastructures sportives dignes de ce nom.

Le chef de l'Etat a entrepris de corriger cela de la meilleure des manières possibles : en ordonnant l'édification de beaux complexes sportifs à travers le pays, ainsi que la construction, la remise à niveau d'infrastructures hôtelières, routières, sanitaires pour desservir les sites de compétition.

Il va sans dire qu'il est impératif que ces travaux s'achèvent pour matérialiser la volonté du chef de l'Etat. Au-delà de la CAN et du CHAN, il revient ensuite aux autorités compétentes le devoir de rendre ces investissements utiles, de les garder fonctionnels, d'en assurer l'entretien adéquat, et de les rentabiliser. Car il s'agit bien d'un legs pour les générations présentes et futures, pour lequel l'Etat a investi des sommes considérables, dans une situation économique bien peu favorable.

Pour toutes ces raisons, il ne nous paraît nullement prématuré de nous mettre en ordre de bataille dès à présent, pour offrir au peuple camerounais la fête grandiose que le chef de l'Etat a voulue pour lui. Et qui s'avère une double fête, tant mieux. Il le mérite. Comme il mérite ces moments de bonheur que seuls les Lions savent lui procurer.

Parce qu'il y a eu beaucoup trop de violences, de larmes et de souffrances. Et parce que nous voulons vibrer à l'unisson, célébrer le vivre-ensemble, et nous réapproprier l'Esprit Lions. C'est pourquoi chers lecteurs, à la manière d'un préparateur psychologique, Cameroon Tribune a choisi de vous faire revivre dès demain, la fabuleuse histoire du peuple, de son président, et de ses Lions

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