Togo: Macky Sall - «Les faux médicaments sont des tueurs silencieux»

20 Janvier 2020

Le sommet de Lomé sur les faux médicaments, tenu les vendredi 17 et samedi 18 janvier, a été sanctionné par des mesures fortes. Les Chefs d'Etat d'Afrique présents et les représentants d'autres pays ont signé la convention-cadre qui comporte de nouvelles lois renforçant la collaboration transfrontière pour stopper ce trafic.

Lomé (Togo). «Les faux médicaments ne soignent pas. Ce sont des tueurs silencieux ». Ces propos du Chef de l'Etat sénégalais, Macky Sall, tenus à l'ouverture du sommet de Lomé, mettent la lumière sur les méfaits des produits pharmaceutiques contrefaits. Le Président Sall a pointé du doigt la gravité de ce fléau et l'absence d'efforts conjugués contre «des prédateurs à grande échelle».

Devant ses pairs africains et une assemblée d'experts militaires et civils, il a tiré la sonnette d'alarme sur ce trafic responsable de milliers de pertes en vie humaine. Pour le Président de la République, cela pose un sérieux problème de santé publique.

L'absence de sanction pénale à la hauteur du crime que représente ce trafic en fait un business illicitement lucratif. Selon une étude de l'Unicef, un dollar investi dans le trafic de médicaments falsifiés rapporterait 500 dollars de bénéfice contre 50 dollars injectés dans la drogue.

Il est donc urgent pour les décideurs politiques du monde, d'Afrique et les professionnels de la santé de porter le combat contre une pratique qui «parasite le système de santé publique et expose les consommateurs à de graves dangers».

Macky Sall de rappeler que «l'économie frauduleuse des faux médicaments est un véritable fléau de notre temps qui met sérieusement en péril les circuits licites d'approvisionnement et de distribution».

Auparavant, dans son allocution, à l'ouverture du sommet, le Président de la République togolaise, Faure Essozimna Gnassingbé, a souhaité que «l'Initiative de Lomé» serve de locomotive pour convaincre l'opinion internationale à se mobiliser.

«Il est urgent d'arrêter ce trafic organisé qui déjoue toutes les techniques de contrôle dans des conditions dérisoires, voire inexistantes, y compris en Europe», a-t-il déclaré.

Dans la foulée, le Chef de l'État togolais a dénoncé le caractère lucratif de la contrefaçon des produits médicaux qui, selon lui, enregistre des bénéfices supérieurs à ceux des trafics de drogue et d'armes réunis. «L'Afrique doit prendre son destin en main et s'engager vaillamment à éradiquer ce trafic mortifère», a soutenu Faure Gnassingbé.

Pour sa part, Tédros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (Oms), a rappelé que plus de 11 alertes ont déjà été lancées par l'organisme qu'il dirige pour demander le renforcement des textes juridiques sur le trafic des produits médicaux.

L'Oms encourage «l'Initiative de Lomé» et lance un appel aux autres États africains à s'engager dans ce combat pour la sauvegarde de l'humanité.

Quant au Prince Michael de Kent de Grande-Bretagne, il affirme que ce trafic criminel devrait désormais être considéré «à la hauteur de sa gravité et de l'urgence pour les populations vulnérables».

Le Président ougandais, Yoweri Museveni, a, de son côté, évoqué la nécessité de la création en Afrique des conditions de fabrication de certains médicaments avec les normes de sécurité requises. Il a donné l'exemple de l'Ouganda qui, dit-il, fournit des intrants de qualité destinés à la production des médicaments.

Aujourd'hui, tous partagent l'idée qu'il y a urgence à prévenir les méfaits des faux médicaments, à réduire les incidences de ce trafic, une des causes de la mortalité des enfants en Afrique.

La préservation de la vie de cette couche de la population a été portée par Mme Cécilia Attias, présidente de la fondation du même nom qui œuvre pour la cause des femmes dans le monde.

D'autres dames influentes ont participé à la réflexion au sommet de Lomé. Parmi ces personnalités figurent Mme Joyce Banda, ancienne Présidente de la République de Malawi, Mme Aminata Touré, Présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) du Sénégal, qui a assuré avec brio la modération des panels durant les deux jours du sommet.

Le Sénégal s'engage à ratifier la Convention Médicrime

Le Sénégal, par la voix du Président de la République Macky Sall, a annoncé son processus d'adhésion à l'Agence africaine des médicaments et s'engage également sur la voie de la ratification de la Convention Médicrime.

Celle-ci porte sur la contrefaçon des produits médicaux et les infractions similaires qui menacent la santé publique.

L'ancien Président de la République du Burundi et représentant de l'Union africaine (Ua), Pierre Buyoya, a rappelé la nécessité de la création d'une agence africaine des médicaments pour combattre ce trafic et contrôler la distribution des produits médicaux, à l'échelle du continent où plus d'un médicament sur dix serait contrefait.

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