Ile Maurice: Services financiers - Comprendre le rôle des «management companies»

L' affaire Isabel dos Santos, révélée par l'enquête sur les #LuandaLeaks, publiée dans notre édition d'hier, vient remettre sous les feux de l'actualité l'offshore mauricien et le rôle des management companies sans lesquelles ce secteur ne pourrait exister. C'est dire combien leur rôle est indispensable dans ce secteur économique créé par la Financial Services Development Act 2001.

Contrairement au secteur bancaire, l'argent qui y circule n'y est pas investi pour financer des prêts aux particuliers. Les fonds gérés par les management companiesviennent d'investisseurs et opérateurs étrangers, qui peuvent, selon certaines conditions, créer une entité sur le territoire mauricien pour mener une activité économique hors du pays.

Ces services ont permis à Maurice de s'inscrire sur la liste des pays engagés dans le global business, concept pour une initiative d'affaire qui peut se matérialiser dans n'importe quelle partie du globe. Pour rendre cela possible, deux principaux facteurs sont requis. Il s'agit d'abord des avantages qu'un pays offre pour attirer des promoteurs de projets d'investissement conçus selon les règles du global business. Ces largesses ont valu à des juridictions d'être considérées comme des paradis fiscaux, qui accueillent des investisseurs voulant fuir les obligations fiscales jugées trop exigeantes dans leur pays d'origine. L'autre facteur se situe au niveau des services offerts pour faciliter la tâche d'investisseurs potentiels qui veulent s'installer dans son secteur de services financiers.

C'est dans ce contexte que fonctionnent les management companies. En effet, la Financial Services Development Act 2001 définit une management company comme une société dûment enregistrée et détenant une licence de la Financial Services Commission, organisme régulateur des services financiers. Celle-ci lui permet d'assurer deux types de service. Le premier consiste à mettre sur pied, gérer et assurer des services pour le compte de toute entité étrangère engagée dans le global business ou qui projette de le faire. L'autre rôle que la législation lui confère s'articule autour de sa capacité à agir comme garant et gestionnaire du patrimoine de la société étrangère ayant eu recours à ses services dans un projet d'installation à Maurice pour lancer une activité liée au global business.

Dans son rapport publié en 2019 pour l'année 2018, la FSC donne un aperçu de la performance des management companies. Des 153 sociétés de gestion existantes, les actifs des 139 ayant soumis leur bilan s'élevaient à $ 236,2 millions (Rs 8,7 Mds), soit une hausse de 15,6 % par rapport à l'année précédente. Leurs obligations se chiffraient à $ 141,2 millions (Rs 5,2 Mds) soit une progression de 15 %. Leurs activités ont démontré des bénéfices en baisse de 8 %, passant de $ 53,4 millions à $ 49 millions, un recul de $ 4,4 millions équivalant à Rs 160,2 millions. Le rapport indique également que le nombre d'emplois dans ce secteur a augmenté de 10 % à la fin de 2018 comparé à 2017 avec un total de 8 174 emplois. Les management companies sont les plus gros employeurs dans les services financiers non bancaires avant les assurances et le crédit-bail.

Plus de: L'Express

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