Madagascar: Primes des fonctionnaires - Andry Rajoelina clôt l'incident

Les paniers garnis étaient réservés aux agents du ministère central. Les enseignants, en grève à cause des confusions sur ces primes, ont obtenu les explications qu'ils attendaient.

Andry Rajoelina, chef d'État, tire au clair les malentendus sur les primes de fin d'année. Dans sa déclaration, il désavoue ses ministres. « Il a été décidé au conseil des ministres que des paniers garnis allaient être distribués aux agents du ministère central. Il n'a jamais été question de distribuer de l'argent, des volailles, du riz, de l'huile », répond-t-il à la question d'un journaliste, au Palais de l'État à Iavoloha, hier, lors d'une rencontre avec les journalistes. Le Président de la République n'a pas mâché ses mots. « Opportunistes, ou bien, incompétents, certains ministres ont envoyé la liste de tous leurs agents au niveau national ».

La confusion sur la somme de 65 000 ariary, la valeur du panier garni dont devait bénéficier chaque agent du ministère central, a semé la zizanie auprès des agents de l'État. La ministre de la Communication et de la culture, Lalatiana Andriantongarivo, a annoncé le 5 janvier, « L'instruction était claire. Chaque employé de l'Etat reçoit 65 000 ariary. Chaque ministère a envoyé la liste de son personnel, que la Présidence a validé et la somme a été encaissée au niveau du Trésor public ». Contacté par un collègue, la ministre de l'Education nationale, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, Marie Thérèse Volahaingo, a également, affirmé que « le Président avait ordonné que tous les personnels en bénéficiait ». Alors que la somme perçue par le personnel de ce ministère était différente.

Précisions

Les uns ont reçu 65 000 ariary, d'autres 9 000 ariary, voire moins. Ce n'est que plus tard, que cette dernière a précisé que, selon l'instruction du Chef d'État, c'etaient uniquement les agents du ministère central qui devaient bénéficier de ces primes. « On a versé 2 milliards ariary à notre ministère. Cette somme ne serait pas suffisante, si on devait distribuer 65 000 ariary à chaque agent. On a donné 65 000 ariary aux agents du ministère central, on a distribué le reste aux enseignants », a-t-elle expliqué. Cette déclaration a mis de l'huile sur le feu. Les enseignants se sentent « humiliés». Ils sont entrés en grève depuis deux semaines, pour contester ce « rabaissement » et pour revendiquer les 65 000 ariary. « Pourquoi tous les agents des autres ministères, comme ceux de la Défense nationale, ceux du Secrétaire d'État auprès de la Gendarmerie, ceux de la Santé publique, entre autres, ont touché ce montant, et pas nous ? », ont-ils demandé. Andry Rajoelina comprend leur frustration et rassure ces fonctionnaires, qu'en aucun cas, il n'y de préférence pour l'un ou pour l'autre.

Cela fait une semaine que des enseignants attendent cette explication du Président de la République. « Nous avons entendu la version de notre ministre, celle du gouvernement. Elles sont différentes. Nous sollicitons le Chef de l'État d'intervenir pour mettre le point sur les i. Sans son intervention, nous continuerons à suspendre nos activités », a annoncé le porte-parole des enseignants. Des grévistes prévoient de reprendre leurs activités. Les enseignants feront une déclaration, aujourd'hui.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express de Madagascar

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.