Madagascar: Ils ont fait le buzz - Louise Marhez Alisoa Florida, héroïne malgré elle

Un cœur de femme et une âme de reine, Louise Marhez Alisoa Florida est une petite héroïne dans son Isoanala natal. Son compte facebook, sans aucune forme de philosophie, relate depuis le mois de décembre sa belle vie d'enseignante de Betroka.

Pour faire simple, le district de Betroka est celui qui a vu la mort d'un gendarme en 2017 et est celui qui a abrité la fameuse sorcière, Itokanono. C'est aussi le district où les affrontements entre les « dahalo » et les forces de l'ordre alignent régulièrement les morts.Louise Marhez Alisoa Florida est enseignante dans ce trou perdu, toujours selon son compte facebook. Et l'image qui a fait le tour du monde est celle qui la montre, fière et téméraire, avec une petite mention « Tiko ny asako ka hajaiko na dia tsy misy trano fianarana aza », littéralement, « J'adore mon travail et je le respecte même s'il n'y a pas de salle de classe ».

A en croire l'illustration accompagnée de cette petite déclaration, le « facebooker » aura l'impression qu'il s'agit d'une volontaire d'une quelconque association ou organisme voulant aider le pauvre petit peuple malgache. Cependant, il s'agit vraiment d'une enseignante, inscrite dans le registre officiel de ce corps de métier.Incarnant ainsi le discours de ces penseurs et penseuses de salon adorant admirer les « sursauts de leurs âmes », Louise Marhez Alisoa Florida donne un espoir exaltant comme seuls les héros et les héroïnes savent le faire. L'espoir pour un pays abritant toujours des personnes besognant sans retour, ni tintamarre médiatique pour la génération future.

Sa déclaration, à bien des égards, est loin de toute saveur politique, sans aucune rancœur contre le système, sans mettre sur le dos de tous les anciens dirigeants... Elle parle avec son cœur. C'est pourquoi son post a généré plus de 750 partages.Des héros et héroïnes comme elle, le pays en manque grandement. Surtout dans le système, l'administration... quand celle-ci serait, d'après les experts, noyée dans une trame presque inamovible de corruption. A côté de cela, il y a une hantise des enseignants de ne pas être affectés dans les régions reculées.Dans son post, elle écrit concernant cette image « C'est grave le manque d'eau par ici ».

La jeune maîtresse ferait mentir tous les clichés. Louise Marhez Alisoa Florida a tout simplement posé, derrière sa classe, dont le tableau se trouve sous un arbre, sans murs, ni fenêtres ni porte. Rien d'artificiel. La vocation d'enseignant à l'état naturel.Au fil de ses « posts », la jeune femme montre également un aspect de son quotidien. Alors, le « facebooker » s'apercevra aussi du manque d'eau, la poussant à aller à pied sur de longues distances pour en trouver.

Tout cela, elle le fait avec le sourire, une fierté et une sincérité non feintes... puisqu'elle démontre dans ses autres « posts » qu'elle vit sa vie comme elle vient, qu'elle mène une existence semblable à celles de ses contemporains et contemporaines. Et cela sans arborer les accoutrements, ni le regard blasé, ni la mine grave des « révolutionnaires » web 2.0.Elle ne révolutionne rien, elle fait de son mieux pour assurer sa mission. Une mission, comme elle le démontre : sacrée.

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