Madagascar: Harifidy Ramanandraibe - Deuxième audition mais par la gendarmerie

La semaine dernière, sa demeure a été perquisitionnée par les policiers de la brigade criminelle. Une fouille qui n'a rien donné. Hier, il a de nouveau reçu une convocation auprès de la brigade criminelle spéciale de la gendarmerie. Son audition se déroulera ce-jour, à huit heures du matin à la caserne de la gendarmerie à Andrefan'ambohijanahary. Après la police vient donc le tour des gendarmes.

La brigade spéciale qui est chargée de son enquête se charge des dossiers concernant parfois des politiciens. C'est maintenant au tour d'Harifidy de passer devant les enquêteurs. À la brigade criminelle, il a été soupçonné sur une affaire liée à la sécurité nationale, qui l'accuse de détenir des armes de guerres chez lui. La perquisition a été infructueuse, mais il a tout de même été emmené à la brigade criminelle pour une audition. Le concerné est un chroniqueur politique auprès de la radio IBC, une chaîne qui s'oppose à l'État dans sa ligne éditoriale.

L'accusé est réputé être cru dans ses interventions, et les observateurs voient sa poursuite liée à cette raison. Dans ce cas, le délit de presse n'est pas à écarter sauf que dans ce cas, il n'y a pas lieu d'enquêter sur un journaliste dans la section criminelle. Avisés de la situation, les membres de l'ordre des journalistes assisteront Harifidy Ramanandraibe pour son enquête, comme stipulé dans les articles 54 et autres du code de la communication médiatisée. Les observateurs y voient un harcèlement vis-à-vis du journaliste et une manière de le museler.

Cette pratique n'est d'ailleurs pas nouvelle dans le journalisme à Madagascar. On a vu des journalistes auditionnés par la section criminelle des forces de l'ordre du temps de l'ancien régime, des personnes sans langue de bois. Maintenant qu'ils sont des hauts responsables dans le pays, ils ne soutiennent même plus les leurs pour crier haro sur la pratique. Un tel fait nuit à la liberté d'expression. Certes, c'est un combat de tous les jours pour les journalistes, qui ont beaucoup milité pour cesser de tels harcèlements. Les théories et les pressions ont bien abouti à quelque chose. Mais la réalité en est autre... Wait and see.

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