Congo-Kinshasa: IFASIC - Trois étudiants exclus, les enseignements suspendus jusqu'à nouvel ordre

Chahuts, colère et mécontentement pouvaient facilement se lire sur le visage des étudiants de l'Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication (IFASIC), ce lundi 20 janvier 2020. Enfin, ceux qui s'opposent à la majoration des frais académiques qui sont passés à 580.000 Fc pour les classes de recrutement et 510.000 Fc pour les classes montantes.

Décision prise, mercredi dernier, à l'issue d'une réunion de concertation entre toutes les parties prenantes pour décider du montant à payer. Un protocole d'accord a été signé à cet effet. Hier matin, un mouvement de revendication constitué des mécontents a perturbé le déroulement des cours, jusqu'à sortir les étudiants de leurs auditoires avant d'être tous évacués par la police universitaire. En attendant l'Assemblée générale qui se tiendra demain mercredi 22 janvier, les enseignements ont été suspendus jusqu'à nouvel ordre.

Pour le professeur Bernard Munsoko, Président de l'Association des professeurs de l'IFASIC et Doyen de la faculté, "il n'y a pas eu mouvement de grève, mais un désordre créé par certains étudiants. Je ne sais pas pour quelles raisons parce que le mercredi dernier nous étions ensemble en réunion de concertation pour décider du montant à payer. Ce qu'on appelle dans les textes officiels «COPA», Conseil des partenaires".

Cette réunion, assure M. Munsoko, était élargie aux chefs de promotion et leurs adjoints. "On cherchait vraiment un large consensus et à la fin, nous nous sommes mis d'accord sur un montant.

Alors que la Coordination avait proposé 600.000 Fc pour les classes de recrutement, et 500.000 Fc pour les classes montantes, nous nous avons accepté que les classes de recrutement payent 580.000fc et les classes montantes 510.000 Fc. On a signé des documents", souligne-t-il.

Il reste à savoir pour l'instant que "les professeurs vont se retrouver en Assemblée générale le mercredi et ils décideront du sort de l'année qui est en cours au niveau de l'IFASIC".

Les «fauteurs» définitivement exclus

Le professeur Bernard Munsoko quant à lui, pense que "ce matin, il y a eu certainement quelques meneurs qui, comme dans tous les établissements, ne veulent pas étudier et ont voulu entrainer les autres".

Dans la soirée, le comité de gestion de l'Ifasic a définitivement exclu 3 étudiants, considérés comme les principaux instigateurs. Il s'agit de Elenga Lekandelo et Luzolo Lukaya Ousama de la 1ère licence Journalisme politique extérieure ainsi que Bala Kafuba de la 1ère licence Gestion des entreprises de presse.

Ils ont été écartés, entre autres, au vu du «mouvement insurrectionnel» créé ce lundi 20 janvier 2020 «en entrant dans les salles des classes, pendant les cours, pour inciter leurs collègues à refuser de suivre les enseignements et à ne pas payer les frais académiques pourtant fixés par le Conseil des Partenaires», tel que le souligne la décision signé par le Recteur de l'IFASIC, M. Rigobert Munkeni.

Mais aussi du fait que «ce comportement rebelle a entrainé des casses, jet de pierres, bagarres entre étudiants, coups et blessures».

Pour le président des étudiants, Gédéon Kahena, l'hémorragie qu'a connue l'Unikin s'étend peu à peu à d'autres universités et instituts. Il lance pour l'instant un appel au calme, en se distinguant par des attitudes respectables.

Cependant, M. Léon Mukoko, Directeur en charge de la communication à l'IFASIC, s'est dit être surpris par ce soulèvement. "Les négociations ont eu lieu mais dans tout groupe, il y a eu quelques marginaux dont un étudiant de première licence qui s'est permis de faire sortir les étudiants", a-t-il fait savoir, convaincu qu'à l'issue de la réunion de ce mercredi, "il y aura certainement une solution qui va mettre tout le monde d'accord parce que les professeurs ne vont pas se laisser mener en bateau. On s'est entendu et on doit quand même appliquer ce qui a été convenu".

La Coordination a signé «la mort des étudiants»

Entre temps, nombre d'étudiants pointent du doigt la Coordination estudiantine qu'ils pensent être complice de cette hausse des frais académiques qui, faut-il le signaler, ont été ramenés du taux de 92 qui faisait référence au dollar américain, au taux actuel de 170.

En fait, la manifestation de ce lundi n'est que l'une des conséquences de la mauvaise communication de l'IFASIC, pense Benji Fakoy, étudiant en 2ème licence Communication des Organisations. "S'il y avait une bonne communication entre toutes les parties prenantes et les étudiants après les négociations, nous n'en serons pas au cas d'aujourd'hui ", dit-il.

Selon lui, un montant allant au-delà des capacités de certains étudiants a été fixé sans tenir compte de ceux qui se prennent presque tout seuls en charge. Principalement ceux de la deuxième licence qui, "en dehors des frais académiques, doivent payer les frais de dépôt de mémoire, de réinscription et d'autres frais connexes"

"La coordination estudiantine, en tant que représentante valable des étudiants, n'a pas correctement joué son rôle dans cette action. Elle ne devait pas signer ce que j'appelle «la mort des étudiants». Elle est censé nous protéger".

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