Congo-Kinshasa: Depuis Londres, Félix Tshisekedi renouvelle sa confiance à Kamerhe !

«Il (Kamerhe) est mon Dircab ; il est notre allié. Applaudissez pour lui... Sachez être prudents. Notre victoire a commencé à Nairobi (Kenya). Si aujourd'hui nous nous séparons, cela fera mal».

Tels sont les propos de Félix Tshisekedi tenus, le dimanche 19 janvier dernier, devant une cohorte de membres de la diaspora congolaise, venus à sa rencontre dès sa descente d'avion à Londres où il participe, depuis hier, au Sommet Royaume-Uni - Afrique sur l'investissement et largement relayés sur les réseaux sociaux et les médias périphériques.

Une phrase, certes, anodine à première vue. Mais mais qui, en réalité, est venue mettre en lumière les réticences longtemps mal refoulées des irréductibles tshisekedistes chez qui le « mariage » Félix-Vital ne tiendrait qu'à un fil.

Même parmi les hauts cadres de l'UDPS, ils ne sont pas rares ceux qui ont toujours vu en Kamerhe, le cheval de Troie au service de son ancien maître, Joseph Kabila. Directeur de campagne de ce dernier lors de la présidentielle 2006 et de surcroît, auteur du panégyrique enflammé "Pourquoi j'ai choisi Kabila", l'ancien Speaker de l'Assemblée nationale est bien obligé d'éprouver de l'inconfort dans son alliance avec Félix Tshisekedi, forcé, en dépit de tout, de le porter à bout de bras.

En rappelant la naissance de la coalition CACH à Nairobi au lendemain du retrait de leurs signatures de l'accord scellé la veille, à Genève, avec les cinq autres leaders de l'opposition au quatrième trimestre de 2017, et en soulignant que leur divorce éventuel ferait mal, l'actuel président de la République sous-entend la reconnaissance à l'égard de Vital Kamerhe dans l'apport non négligeable des voix des électeurs UNC dans le Sud-Kivu, lors de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018.

D'où, le soutien qu'il apporte quasi-systématiquement à son Directeur de cabinet dans des affaires qui, pour la plupart, tendent de plus en plus à jeter de l'ombre sur ses propres ambitions de la matérialisation de l'Etat de droit.

A titre d'illustration, il y eut d'abord cette affaire de 15 millions de dollars « disparus » des caisses du Trésor public dont l'opposition se gargarise et au sujet desquels elle réclame et avec elle, l'opinion nationale, davantage de lumière. Episode balayé du revers de la main par Fatshi : c'était une affaire de rétrocommission, dans le genre « coop » bien de chez nous.

Plus récemment encore et en plein débat d'une rare passion sur la « balkanisation », l'on a vu le Dircab Kamerhe, invité à Kigali au mariage du fils du général rwandais James Kaberebe (Sacrilège !), annoncer un cadeau de 30 vaches au couple des jeunes mariés. Ici aussi, la levée des boucliers sans précédent a eu besoin de la protection du bras tutélaire de l'allié Fatshi pour calmer cette nouvelle tempête.

Il en ressort qu'au stade actuel, il est peu probable que Fatshi songe à se débarrasser du boulet que constitue, au propre comme au figuré, un allié politique dont l'épisode de Nairobi lui reste mémorable et qu'il entend défendre, contre vents et marées, dans la perspective d'un jeu musical de type Poutine-Medvedev en 2023. Mais d'ici à cette échéance, beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.