Congo-Kinshasa: Troubles à l'Unikin... discours sur la balkanisation - Créons une crise à notre image en vue d'un dialogue

Rien de plus désolant et de plus surprenant que de voir des « étudiants » céder à la tentation de brûler leur propre université. Les images prises font froid au dos tant leur atrocité relève des pratiques sauvages de l'époque médiévale.

Si au loin, c'est un grand feu devant la salle de promotion qui menace le grand bâtiment, à côté de la jeep bleue de la police, par contre, git au sol, le corps inerte et saignant d'un policier qui venait d'être coché vif. Pour cause : la majoration des frais académiques. Dans cette effervescence, c'est la corde médiatique qui vibre sous une décision prompte et plus ou moins épidermique prise par Thomas Luhaka, Ministre de l'enseignement supérieur et Universitaire : "Jusqu'à nouvel ordre, les activités sur le site de l'Université de Kinshasa sont suspendues".

Il est, d'emblée à savoir que sur le tableau de l'Université, plusieurs analyses se côtoient, non sans raison, pour soutenir soit la thèse d'une infiltration qui serait l'œuvre de ceux qui, en son temps, avaient promis de créer les conditions d'insécurité pour empêcher aux investisseurs de venir au pays, soit celle d'un vandalisme digne d'une race d'étudiants » mal éduqués et incapables d'intégrer avec bonheur, le domaine élitiste pour la défense et la promotion des valeurs.

Déjà, quelques questions : N'existe-t-il pas des mécanismes d'échange et de débat pour une communication saine et édifiante quant aux sujets qui concernent la vie estudiantine de façon générale en RDC ?

A y voir de plus près, parler de l'étudiant congolais, c'est inviter au grand débat, la cause d'un héros sans bourse d'études, sans gratuité de transport pour atteindre son université, sans allégeance financière pour mener à bien ses recherches, sans garantie d'un emploi décent à l'issue d'un parcours de combattant, etc.

L'étudiant congolais, c'est cette vache à lait qui, à longueur des années, fait les frais de la mauvaise rémunération des professeurs et autres personnels académiques. Sans compter la pratique des côtes sexuellement transmissibles, dans les universités où tout est, désormais, monnayé : Du petit livre en passant par le syllabus jusqu' au simple papier où sont couchées juste deux questions d'un Travail Pratique (TP).

Peut-on déjà dire que « Ventre affamé n'a ni oreille, ni conscience » ? Auquel cas, doit-on rappeler à Luhaka que la validité ou, mieux, la rationalité d'une décision se doit aux résultats d'une enquête préalablement menée pour établir les responsabilités et sévir conséquemment ?

L'histoire du pays renseigne que c'est à partir d'une université qu'était partie aussi la déchéance du régime de Mobutu. Thomas Luhaka, alias « Je connais le Congo », n'a pas encore perdu de vue le phénomène Lititi Mboka de triste mémoire à l'Université de Lubumbashi.

Il sait pertinemment bien que la meilleure façon de toucher à la prunelle d'un pouvoir, c'est d'agiter le chiffon rouge sur un site universitaire où l'on sait commencer une guerre sans savoir comment la terminer.

Il y a lieu d'avouer, en tout cas, qu'il s'agit là d'un casus belli contre tous les étudiants congolais tant que le problème des frais académiques ne concerne pas que le fils du voisin.

Cela ressemble à une capitulation honteuse teintée de ridicule que de maquiller une décision irréfléchie en voulant réduire les vraies revendications des étudiants congolais à la simple réhabilitation des Homes et à l'identification des étudiants sur le seul site de l'UNIKIN.

Connaissant bien le Congo et son histoire, ce membre du FCC doit avoir bien trouvé un prétexte pour perturber la gouvernance de Félix Tshisekedi. Reste à savoir si le concerné est conscient de la félonie de ceux avec qui il entretient un mariage contre-nature en termes de coalition.

Pousser la population à l'énervement

On aurait souhaité voir le gouvernement réagir autant promptement que drastiquement pour le cas de 200 millions de dollars qui seraient détournés à la Gécamines, comme il vient de le faire si bien pour les échauffourées du Campus de Kinshasa.

Force est, cependant, d'assister à une solidarité négative dont la preuve la plus éloquente est celle du cas d'Albert Yuma qui tient la vedette de plusieurs dossiers sales mais qui, apparemment, est protégé contre et envers tout, par ceux de son obédience enclins à la prédation et à la concupiscence, soutient-on, dans plusieurs cénacles lors des analyses.

S'agissant même de la non-application des ordonnances présidentielles nommant les mandataires à la SNCC et à la GECAMINES, le bon sens ne peut que se demander le vrai contenu de cette gouvernance, soi-disant de coalition où le CACH continue à subir le jeu du FCC.

Si déjà la gratuité de l' enseignement rendue effective selon la volonté et la détermination de l' actuel Chef de l' Etat, n' a jamais été soutenue, ni applaudie par le FCC, il est évident que ce dernier se soit déjà inscrit dans une contre-propagande en posant des actes de sabotage pour pousser la population à l' énervement et ainsi arriver à discréditer Félix Tshisekedi et contribuer négativement à son bilan.

Cette mauvaise foi manifeste est politiquement compréhensible dès lors que la fameuse coalition est présidée par une hypocrisie ostentatoire. Sauf par manque de bonne information, on apprend que la prime promise aux basketteurs par le Chef de l'Etat en guise de récompense pour leurs performances réalisées à l'internationale, ne serait pas encore libérée jusqu' à présent.

Tout dernièrement, la petite gratification en nature traditionnellement remise à la fin de chaque année aux fonctionnaires de l'Etat pour les fêtes de fin d'année (poulet, riz, bidon d'huile) n'a pas, non plus, été à l'ordre du jour. Qui pis est, l'opération Kin-Bopeto claironnée sur tous les toits, semble être une vue d'esprit tant que la ville de Kinshasa s'affiche sous un panorama aux couleurs d'un champ de ruine garni de bouteilles en plastique.

Sans être en reste, le taux de change qui grimpe de façon inquiétante, ne semble pas être une génération spontanée, pas plus que le trépignement des travaux de construction des sauts-de-mouton qui justifient fatalement les embouteillages et, par ricochet, la hausse du prix de transport et la perturbation de la circulation.

Fayulu-Muzito en intelligence avec JKK ?

Un livre en chantier se propose ce titre : « Le pharisaïsme politique ou le vrai jour de l'Autorité morale », une compilation de mes analyses avant, pendant et après les élections de 30 décembre 2018.

Il sied de savoir bon gré au professeur Justin Kankwende Mbaya qui, par le truchement d'un ami, m'a apporté beaucoup d'eau au moulin, une matière très abondante pour charcuter la problématique ou la tentative de balkanisation de la RDC dans sa partie orientale.

Quoiqu'une page déjà tournée, plusieurs hypothèses se disent et se contredisent, les thèses se croisent et s'entrecroisent ; certaines erreurs d'interprétation se taisent, d'autres s'entêtent ; les bonnes idées, par contre, se tiennent et se soutiennent...

Le tout, dans une mixture réflexionnelle suffisante pour accuser une crise artificielle dont le triste mérite serait de troubler la paix sociale et de chambouler l'ordre institutionnel issu des dernières élections.

Au regard des prouesses que réalisent les FARDC à l' Est du pays en procédant par un ratissage systématique pour mettre en déroute toutes les forces négatives, point n' est besoin de démontrer la détermination de l' actuelle dispensation politique à mettre fin à cette tragédie qui n' a que trop duré.

De toutes les hypothèses pouvant justifier une éventuelle crise liée à la supposée balkanisation, la plus crédible indique la roublardise de ceux qui, ne jurant que par une démarche de sape et de sabotage, exhument ce dossier en se servant d'une duperie politique de mauvais goût, escomptant ainsi des conciliabules égoïstes en vue d'un partage extra - constitutionnel du pouvoir qui ne fera que régresser la nation et casser l' élan démocratique, gage du développement tant attendu par le peuple congolais.

C'est à l'Université de Kinshasa et dans beaucoup de médias que Feu le professeur Philippe Biyoya, accompagné de l'équipe de Télé 7, vidait sa panse et corrodait sa matière grise pour dénoncer la sale besogne dans laquelle plusieurs, à l'interne comme à l'externe, avaient suffisamment et frénétiquement investi pour la redéfinition des frontières de la RDC, contrairement à sa configuration héritée depuis les résolutions de Berlin.

On retient, toutefois, que c'est peu après sa brillante participation aux concertations politiques organisées en 2013 à Kinshasa pour contourner l'Accord-cadre d' Addis-Abeba, que cet éminent professeur avait trouvé la mort.

Serait-il tombé dans un piège lui tendu par ceux à qui, sans ménagement, il cassait du sucre sur le dos? Rien n'est moins sûr! A l'évidence, Télé 7 est devenue plus ou moins aphone quant à sa lutte contre la balkanisation depuis que son fer de lance a été gratifié (par qui l'on sait) d'un poste pompeux et d'un standing digne d'un "récupéré" à la direction générale de la Télévision nationale.

Est-ce vraiment le moment de parler de la balkanisation, alors que les FARDC abattent un travail titanesque sur le terrain dans l'Est du pays ?

La question vaut tout son pesant d'or, au regard de la coïncidence entre les balivernes que débitent depuis un certain temps, le duo Fayulu-Muzito et la résurgence du dossier des Banyamulenge dans le territoire de Minembwe.

A souligner que le chant et la danse des banyamulenge font la fête traditionnelle de ceux qui ont toujours tenté de saucissonner la RDC. La multiplicité des messes noires qui se tiennent à Kinshasa avec Azarias Ruberwa peuvent- elles indiquer l'anguille sous roche? Si non, peut-on dire qu'il y a une intention manifeste de créer une crise à Minembwe, en sollicitant le concours de certains égarés politiques ?

Jamais les deux mousquetaires, visiblement à la recherche d'un positionnement, ne se sont montrés plus anti-balkanisation qu'ils le sont aujourd'hui. Chose normale pour quiconque serait à la recherche d'un créneau pour s'exprimer et continuer à exister politiquement! C'est plutôt la méthode choisie qui procède d'une mesquinerie à en perdre la boussole.

Il est aussi vrai et vérifiable que l'option de la guerre continue ostensiblement à hanter celui qui, pendant longtemps, s'est montré incapable de mettre en déconfiture, les forces négatives qui se comportaient en terrain conquis.

Déjà, la complicité tant dénoncée n'ayant jamais été démentie, au regard des faits probants, c'est tout à fait malheureux que les accointances se créent avec les aigris pour chambouler l'ordre actuel des choses.

Nul n'ignore que juste après son passage à Bukavu, suivi du crash d'un avion présidentiel, Félix Tshisekedi avait pris son vol pour les Etats unis. Ce qui n'avait pas empêché les esprits rabougris de s'investir dans une comptabilité loufoque et d'établir des statistiques malfaisantes sur les voyages onéreux du Chef de l'Etat. Ils sont, cependant, incapables d'imaginer les retombées positives de tous ces voyages, au vu des exploits que l'armée congolaise réalise, avec l'appui stratégique des partenaires internationaux, pour en venir à bout de cette guerre asymétrique dont ils doivent avoir bien circonscrit les tenants et les aboutissants.

Au demeurant, un leader politique ( par supposition ou par vocation) doit être à la page et mieux renseigné en disposant de la bonne information. Car, celle-ci a un apport capital dans toute approche stratégique qui sous-tend la communication politique. Ne sachant pas répondre à la question du journaliste Israël Mutala qui voulait en savoir plus sur les preuves de ses allégations, Martin Fayulu a, une fois de plus, perdu son latin.

En effet, la balkanisation (puisqu'on veut en parler) était un projet irréaliste longtemps entretenu par une certaine communauté internationale, mais qui a étalé une incompatibilité sociologiquement et politiquement évidente face à la désapprobation populaire.

Des acteurs majeurs avaient, en son temps, travaillé chacun, à sa manière, bravant risques et périls pour prouver l'incongruité d'une pareille entreprise auprès des puissances occidentales jusqu'à obtenir le retournement irréversible de l'approche pour la génération actuelle et à venir.

Sachant qu'il s'agit-là d'un refrain qui se chante déjà au passé, il appartient maintenant aux Congolais, eux-mêmes, de faire montre d'ouverture d'esprit pour un bon degré de respectabilité sur l'échiquier international ; de développer, à l'interne, les capacités politiques, militaires, diplomatiques et managériales pour réformer les institutions et restaurer la véritable autorité de l'Etat tributaire d'une forte cohésion nationale et d'une cohérence globale.

Il est donc à retenir que tout leader politique sérieux, doit être capable d'aiguiller le peuple souverain dans son exercice de la démocratie participative. Cependant, la cacophonie perceptible à travers les prises des décisions, les déclarations politiques et les propositions qui alimentent les médias est une preuve éloquente de l'amateurisme politique.

De la machine à voter à la vérité des urnes jusqu' à la lutte contre la balkanisation, il n'y a pas meilleure façon de démontrer son tâtonnement philosophique et sa versatilité idéologique.

Tant il est vrai que cette fausse alerte autour de la problématique de la balkanisation se doit, en partie, à certaines déclarations du Cardinal Fridolin Angbombo, ce dernier doit se raviser en considérant que l'urgence pour l'église catholique est de reconquérir son espace d'expression abandonné à l'Est et qui, malheureusement, est occupé par les islamistes dont les mosquées se construisent à profusion pour le grand bonheur des terroristes-djihadistes qui écument cette partie de la République.

Ainsi, au moment où les FARDC, sous l'impulsion du Chef de l'Etat et l'encadrement des partenaires stratégiques, volent de prouesse en prouesses, point n'est besoin de prêter attention aux bruits des sirènes et des flibustiers distillés certains leaders politiques sans aucun souci, ni du peuple congolais, ni encore moins de l'avenir de la nation.

Félix Kalala Mwanza

Analyste politique-Libre penseur

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