Congo-Kinshasa: Tempête ou déclaration de guerre ?

Des réactions fusent toujours de partout, 72 heures après les déclarations de Fatshi à Londres. Certes, il a réaffirmé (une fois de plus) la « congolité » des Banyamulenge, et jeté des fleurs aux FARDC. Mais, c'est sa menace de dissoudre l'assemblée nationale qui en a fait bondir plus d'un.

De l'adresse de Félix Tshisekedi à ses compatriotes venus à sa rencontre à Londres, le week-end dernier, une phrase est sortie du lot et continue à donner de l'urticaire dans le camp de ses alliés au sein de la coalition de gouvernement FCC-CACH. En dévoilant son arme secrète devant des partisans aux anges et tout dévoués à sa cause, il n'est pas certain que le Président congolais en ait mesuré la dimension, au risque de se tirer une balle dans le pied.

Une phrase martelée sur un ton martial : « Je n'ai pas besoin de créer une crise en RDC. Mais visiblement, il y en a qui veulent me pousser à bout et faire que je puisse dissoudre l'Assemblée nationale. S'ils multiplient des crises, ils vont me pousser à cette décision ».

C'était certainement la phrase de trop. Simple avis de tempête ou déclaration de guerre, selon les cas, elle continue, néanmoins, à susciter des réactions aux relents de revanche contenue pour les uns, d'étonnement désabusé pour les autres.

Parmi les premiers à Tweeter, l'opposant Sam Bokolombe : « Notre Président s'emballe trop à l'étranger et se révèle démagogue dans ses promesses. Il joue au véritable ranger qui ne redoute rien ».Car, c'est déjà de l'étranger (Washington) que Félix Tshisekedi avait exprimé son intention de « déboulonner » le système dictatorial qui, selon lui, persiste au pays.

Pour Marie-Josée Ifoku, la seule candidate (malheureuse) féminine à la présidentielle de décembre 2018, la sortie de Félix Tshisekedi, c'est du pain béni. Elle exulte sur son compte tweeter : « Je pense que nous y sommes déjà Monsieur le Président. Mieux vaut agir que réagir. La dissolution de l'assemblée nationale est l'une des voies de sortie de la crise dans laquelle le pays est déjà plongé. Nous vous encourageons à le faire ».

Alphonse Ngoyi Kasanji, cadre du PPRD écrit, non sans amertume : « L'apparition du chef dans la foule est précédée par un rapport contenant les opinions de la constituante de manière à lui éviter certains sujets compromettants qui le mettraient dans l'embarras d'y réserver une suite. Le Chef qui est le gardien de la maison est soumis à la réserve ».

De son côté, le député Henri-Thomas Lokondo (jadis vice-ministre des Affaires étrangères) indique qu'il existe une règle non écrite et universellement admise, qu'un Chef de l'Etat ne peut pas engager de débat politique interne quand il est à l'étranger, même s'il est avec ses compatriotes.

Il en vient à conclure qu'il se pose véritablement un problème de compétence dans l'entourage de Fatshi en matière juridique.

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