Afrique de l'Ouest: Togo-Debout dénonce l'impossibilité du conseil épiscopal d'observer la présidentielle

Au Togo, l'élection présidentielle arrive dans un mois, jour pour jour. Sept candidats sont en lice pour ce scrutin. Le conseil épiscopal Justice et paix souhaitait observer l'élection, mais n'y est pas autorisé, ce qui provoque la colère notamment du front citoyen Togo debout.

Le conseil épiscopal Justice et paix souhaitait observer ce scrutin, mais sa requête a été rejeté le 16 janvier par Payadowa Boukpessi, le ministre de l'Administration territoriale pour le motif que ledit conseil manquerait de neutralité. Le ministre l'accuse notamment d'avoir repris à son compte les réclamations de l'opposition sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la Cour constitutionnelle et le code électoral.

Le conseil épiscopal n'a pas pour l'heure souhaité réagir à ces accusations, mais cette décision suscite déjà la colère du front citoyen Togo debout qui regroupe plusieurs organisations de la société civile. David Dosseh, premier porte-parole de Togo debout, joint au téléphone par RFI, s'indigne de l'argumentaire gouvernemental :

« C'est surtout un sentiment de révolte puisqu'en l'espace de quelques mois, c'est le deuxième refus qui suit le conseil épiscopal Justice et paix, qui avait déjà voulu observer les élections locales tenues l'année dernière. Ce qui nous indigne surtout, c'est que l'argumentaire présenté dans la lettre du ministre est plutôt faible. Il donne le sentiment que le Togo malheureusement s'éloigne des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme, s'éloigne des dispositions de la déclaration de Bamako et de la Cédéao [Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest]. »

Pour lui, s'éloigner de ces textes est grave : « Ce sont des textes internationaux qui demandent à ce que les États fassent l'essentiel pour la transparence des élections et la participation de toute la citoyenneté aux processus électoraux. Et là, manifestement, on s'oppose à un droit constitutionnel, à un droit des citoyens d'observer un processus et d'y participer ».Au sein du gouvernement, on assure toutefois qu'il n'est pas question d'interdire l'observation électorale qu'elle soit nationale ou internationale.

Recours de Jean-Pierre Fabre contre Faure Gnassingbé

Dans le même temps, Jean-Pierre Fabre, l'ancien chef de file historique de l'opposition qui se présente pour la troisième fois face à Faure Gnassingbé compte déposer un recours en invalidation de la candidature de ce dernier. Selon Jean-Pierre Fabre, la procédure législative, déjà dénoncée par Togo-Debout, qui a conduit à la révision de la Constitution est entachée de plusieurs irrégularités rendant la révision inconstitutionnelle.

Le président de l'Alliance nationale pour le changement précise les raisons de son recours au micro de notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé : « Tout le monde a déjà compris que l'article, qui autorise, qui déverrouille la situation pour M. Faure Gnassingbé a été inconstitutionnellement adoptée, est nul et de nul effet, et ne permet pas aujourd'hui à M. Faure Gnassingbé d'être candidat. Juridiquement, c'est très clair. Nous sommes dans une situation de désordre juridique au Togo. Il faut qu'à un moment donné, on dise non. Il y a un pouvoir qui vote n'importe quoi et vous oblige à le respecter. Et lui, il ne le respecte pas. Le moment est venu pour qu'il respecte la loi et qu'on décide que Faure Gnassingbé, conformément à la loi, ne peut pas être candidat. Certes, c'est simple. Et je dis si Faure Gnassingbé est candidat, il l'est en vertu d'un coup de force et non en vertu de la loi ».

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