Sénégal: Meurtre de Fatoumata Matar Ndiaye - Samba Sow condamné à perpetuité

22 Janvier 2020

Samba Sow passera le reste de sa vie en prison. Reconnu coupable du meurtre de Fatoumata Matar Ndiaye, l'ancienne vice-présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese), la chambre criminelle l'a condamné aux travaux forcés à perpétuité. Le verdict est tombé hier, mardi 21 janvier

Le verdict sur le meurtre de l'ancienne vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) est tombé. Samba Sow, écope des travaux forcés à perpétuité. Il devra ainsi donc passer le reste de sa vie en prison.

Les juges de la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar n'ont donc laissé aucune chance à l'incriminé car l'ayant reconnu coupable de tentative de vol avec effraction et usage d'arme et de violences ayant entrainé la mort sur la personne de Fatoumata Matar Ndiaye.

Aussi a-t-il été jugé coupable de tentative d'assassinat du fils de la défunte, Adama Bâ. Samba Sow est également condamné, par la justice, à verser 200 millions de F CFCA à la famille de Fatoumata Matar Ndiaye et 150 millions de F CFA à son fils, en guise de dommages et intérêts.

Rappelons que dans cette affaire, le président de la Chambre criminelle a suivi à la lettre la requête du Procureur qui, lors du procès tenu le 7 janvier dernier, avait requis que Samba Sow soit condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité. Il avait même déploré le fait que la peine de mort soit abolie au Sénégal.

Eu égard à la gravité des faits pour lesquels Samba Sow était poursuivi, le maître des poursuites avait estimé qu'il méritait pire que la perpétuité, à savoir la chaise électronique, la pendaison ou la guillotine.

A l'audience, également, les conseils de la famille de Fatoumata Matar Ndiaye avait sollicité 500 millions de F CFA en guise de réparation du préjudice subi. La dame Fatoumata Matar Ndiaye a été retrouvée morte égorgée dans la matinée du 19 novembre 2016, à son domicile à Pikine.

Les investigations menées par les enquêteurs et les récits des témoins ont permis de mettre la main sur Samba Sow, jusque-là présumé auteur de la forfaiture. Arrêté et placé sous mandat de dépôt, l'accusé a, dans des procès-verbaux d'enquête, reconnus les faits, mais avec des versions différentes.

A l'audience, Samba Sow a balayé d'un revers de la main toutes les allégations tenues devant les enquêteurs, en soutenant qu'il a été marabouté par sa tante, Fatoumata Sow, et le questeur à l'Assemblée Nationale, Awa Niang, qui sont, dit-il, les commanditaires du meurtre. Il ne se s'est pas présenté à l'audience lors de la délivrance de la décision.

LA FAMILLE CIBLE AWA NIANG ET FATOUMATA SOW

La condamnation à la perpétuité de Samba Sow, reconnu coupable du meurtre de Fatoumata Matar Ndiaye, l'ancienne vice-présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese), ne satisfait pas à la famille de la victime.

Après le délibéré de la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, son frère, Amadou Matar Ndiaye, a fait face à la presse, pour réclamer l'ouverture d'enquêtes contre les personnes citées, par le principal protagoniste de l'affaire, comme étant des commanditaires.

Pour Amadou Matar Ndiaye, il faut que des enquêtes soient menées afin d'éviter tout soupçon. Le frère de la défunte dit, en conséquence, que le député à l'Assemblée nationale, Awa Niang, et la tante de Samba Sow, Fatoumata Sow, doivent être interrogées par le juge d'instruction.

La version du témoin Rokhaya Sow, qui a soutenu avoir vu une personne sortir de la maison, les habits tachetés de sang, que Samba Sow a soutenu être le marabout envoyé par le député Awa Niang et Fatoumata Sow, doit être prise en compte, juge Amadou Mactar Ndiaye. Elle n'est pas folle, contrairement à ce que le Procureur et le président de la Chambre criminelle ont avancé lors de l'audience

ME ABDOU DIALY KANE, AVOCAT DE LA FAMILLE DE FATOUMATA MATAR NDIAYE : «Réfléchir voire revenir sur la suppression de la peine de mort»

Me Abdou Dialy Kane, le conseil de Fatoumata Ndiaye, qui dit n'être pas surpris par la décision de la justice, estime que cette affaire «doit amener les autorités à réfléchir ou même à revenir sur la suppression de la peine de mort».

Pour lui, l'abolition de la peine de mort a été faite sans consulter le peuple. De l'avis de Me Abdou Dialy Kane, la majeure partie de la population est contre l'abolition de la peine de mort. Les affaires judicaires de cette nature permettent, selon lui, à une société d'avancer sur le plan juridique.

Toutefois, Me Abdou Dialy Kane pense que le fait de citer Fatoumata Sow et Awa Niang dans le dossier n'est que de la manipulation. «La Chambre criminelle a compris qu'elle avait en face d'elle non seulement un criminel, mais également un manipulateur.

Il a essayé de manipuler les juges et l'opinion, en faisant croire que ce crime était commandité par le député Awa Niang et sa tante, Fatoumata Sow.

Et tout le monde a compris que c'était un faux alibi. S'il avait une commande criminelle de la part de ces dames, pourquoi il ne s'est pas limité à la dame Fatoumata Matar Ndiaye ?», se demande-t-il en faisant référence aux déclarations de Samba Sow, à la barre de la Chambre criminelle.

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