Burkina Faso: Apprendre à combattre des djihadistes en deux semaines

22 Janvier 2020

Au Burkina Faso, de jeunes civils doivent être formés pour aider l'armée dans la lutte contre le terrorisme.

Les députés burkinabè ont voté à l'unanimité un projet de loi créant une institution de Volontaires pour la défense de la patrie. Il s'agit surtout de recruter des jeunes qui recevront une courte formation pour aider l'armée dans la lutte contre les djihadistes.

Ce projet a été voté à l'unanimité par le Parlement. "Nous espérons pour le bien de la nation que ce qui a été conçu pour être une solution, un apport positif à la lutte contre le terrorisme le sera réellement sur le terrain", explique l'un des députés. Un autre estime qu'il s'agit "d'une question de survie nationale et nous pensons que c'est une loi qui peut aider à gérer la crise que nous connaissons."

Le volontaire pour la défense de la patrie sera formé en deux semaines à la manipulation des armes et à la discipline. Il n'aura pas d'uniforme, bénéficiera d'une couverture sanitaire et d'une prime forfaitaire unique en cas d'invalidité permanente.

Il ne pourra aucunement prétendre à des droits à la retraite. Il se contentera d'une prime de démobilisation qui lui sera versée à l'échéance de son contrat.

"Envoyer des gens en pâture"

Mais cette loi ne fait pas l'unanimité au sein des populations.

Pour cet habitant de Ouagadougou, "ceux qui ont fait deux ou trois ans de formation ne s'en sortent même pas et on va prendre des jeunes pour leur apprendre à manier des armes et à tirer en quatorze jours. De plus on dit qu'ils n'auront pas d'uniforme donc certainement pas de gilets par balles. Cela veut dire qu'on envoie des gens en pâture, ce n'est pas possible."

Pour l'analyste politique Lionel Bilgo, les actions sur le terrain de ces volontaires seront surtout bénéfiques pour recueillir des informations en étant au contact de la population :

"Je pense que c'est surtout le renseignement qui va en tirer profit parce que l'armée patrouille en groupe. Ensuite, cela repose fondamentalement la question de la coordination entre l'armée et ces personnes. Puis celle de la coordination entre ces personnes et les Koglweogo, les groupes d'autodéfense qui existent déjà."

En cas de décès, le volontaire est inhumé par l'Etat et ses ayants droits bénéficient d'une assistance financière.

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Plus de: DW

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