Tunisie: La Presse et essahafa répondent à l'Union tunisienne du service public et de la neutralité de l'administration - Quand le corporatisme tombe dans le mensonge effronté

23 Janvier 2020

Mardi 21 janvier 2020, l'Union tunisienne du service public et de la neutralité de l'administration, «administration neutre» dirigée par le très, le trop même bouillonnant Abdelkader Labbaoui, a surpris la famille élargie de la SNIPE-La Presse-Essahafa (journalistes de La Presse et d'Essahafa, techniciens et personnel administratif) par la publication d'un communiqué adressé à l'opinion publique comportant un réquisitoire injuste et truffé de mensonges effrontés et d'accusations graves qui rappellent les pratiques indignes de l'époque révolue quand le droit à la grève légale était considéré comme un acte de désobéissance et l'expression libre de l'opinion contraire exposait son auteur à la menace du licenciement abusif, voire à la prison pour de longs mois ou années.

Abdelkader Labbaoui accuse, en effet, dans son communiqué, les journalistes de La Presse et d'Essahafa et le personnel administratif et technique d'avoir séquestré lundi 20 janvier le président-directeur général de l'entreprise et la directrice des affaires administratives et financières (DAF) dans le bureau du P.D.G. tout au long de la journée en les empêchant d'accomplir leur travail et en les menaçant d'agression physique, et ce, dans le cadre de ce que l'Union tunisienne du service public qualifie de «campagne orchestrée» contre le P.D.G. et la directrice des affaires administratives et financières, dans la foulée de la grève générale observée, vendredi dernier, à l'unanimité par les travailleurs de l'entreprise, toutes spécialités confondues, mais malheureusement torpillée par un agent du service technique et un journaliste qui ont réussi, sous la «bienveillance» du P.D.G., à publier une édition pirate, le samedi 19 janvier, digne des époques les plus sombres de la dictature et de la répression.

Et Abdelkader Labbaoui n'hésite pas à impliquer injustement et gravement les cadres sécuritaires accourus pour encadrer pacifiquement le mouvement de protestation engagé le jour même au siège de l'entreprise contre les pratiques déshonorantes et inacceptables du P.D.G.Dans le communiqué, il avance, en effet, que les sécuritaires ont assisté aux insultes et aux tentatives d'agression qui visaient les deux responsables, alors qu'en réalité, il n'en est rien et les mêmes cadres sécuritaires qui ont suivi le processus de protestation depuis son déclenchement jusqu'à ce que les deux responsables quittent l'entreprise dans le calme absolu sont disposés à témoigner de la réalité de la tournure des événéments où aucun incident n'a été enregistré, aucun écart de conduite n'a été commis par un quelconque journaliste, agent administratif ou technique et aucune insulte n'a été proférée à l'encontre du P.D.G. ou de la directrice des affaires administratives et financières.

Au-delà des mensonges contenus dans le communiqué en question et au-delà des leçons de patriotisme que son signataire prétend donner à des journalistes, à des syndicalistes, à des techniciens et à des cadres administratifs qui ont le droit de se prévaloir d'une expérience de plus de trente ans dans le noble secteur de l'information, le plus désolant et le plus inquiétant est bien «ce corporatisme infâme» développé entre les lignes du communiqué, un comportement indigne de la révolution de la liberté et de la dignité et un alignement aveugle qui n'est en rien représentatif de l'élite administrative nationale que l'Union de Labbaoui prétend représenter.

En tout état de cause, la grande famille de la SNIPE-La Presse-Essahafa, forte de la légitimité de ses revendications, du caractère légal de sa grève générale, du soutien agissant de l'Ugtt et de l'engagement renouvelé de toutes ses composantes à persévérer dans la voie de la militance et du sacrifice, ne peut qu'exprimer haut et fort son attachement irréversible aux valeurs cardinales de liberté, de démocratie et de dignité, les valeurs distinctives de la révolution du 17 décembre-14 janvier 2010.

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