Congo-Kinshasa: 24 janvier 2019-24 janvier 2020 - Un anniversaire pour commémorer les martyrs de la démocratie

Un anniversaire, ça se fête. Celui qui, ce 24 janvier, marque d'une pierre blanche l'histoire tumultueuse de la RD Congo offre davantage d'arguments pour mettre à contribution le Trésor public.

Hélas ! Le président de la République en a décidé autrement en se soumettant au diktat de son Peuple pour consacrer la journée à la mémoire des compatriotes qui ont contribué, en versant de leur sang, à inscrire l'Alternance dans le respect effectif des prescrits de la Constitution.

Il y a un an, ce 24 janvier 2020, que le Peuple de la RD Congo saluait, pour la première fois de son histoire, la première Alternance politique «civilisée» au sommet de l'État. Sans bruits des bottes, le chef de l'État «fin mandat» transmettait, face aux caméras de télévision du monde, les emblèmes du pouvoir à son successeur élu.

Quand on pense à certaines ambassades occidentales qui, par crainte de probables violences postélectorales, avaient évacué plus tôt leurs ressortissants de Kinshasa, la sérénité et la solennité ayant entouré l'évènement n'en deviennent qu'historiques. Ainsi noyée dans des images de passation de pouvoir nettement psychédéliques, la planète est restée médusée. Le miracle congolais s'était donc produit.

Le débat définitivement clos

Une année vient de s'écouler après ces images fortes où l'on a vu deviser deux gentlemen - un président sortant et un président entrant - et, tout sourire, se donner généreusement des accolades, défiant ainsi tous les prophètes de malheurs.

Fallait-il célébrer l'évènement ou l'ignorer superbement ? Pour les uns, la commémoration n'a pas de raison d'être. Des arguties politiciennes sont évoquées en lieu et place des arguments. Pour les autres, il faut commémorer l'évènement tout en orientant les fonds prévus à cet effet vers un autre usage plus utilitaire.

Cette seconde hypothèse est en voie d'être exaucée. Selon ce qui se raconte dans la ville haute, la République n'organisera pas de fastueuses cérémonies.

Chômée ou pas, la journée du 24 janvier 2020 est dédiée à tous les martyrs - femmes et hommes - qui ont payé de leur vie, ont accepté le martyre, la prison, l'exil, l'humiliation, ... pour qu'arrivât enfin l'Alternance, un certain 24 janvier 2019. En conséquence, le débat sur l'opportunité ou non d'un anniversaire commémoré avec faste est définitivement clos.

Le souvenir des vaillants martyrs

Néanmoins, pour des raisons pédagogiques, l'occasion est propice pour rappeler aux uns et autres que, dans l'histoire des nations, la commémoration d'importants évènements est sacrée. Il existe des dates, des faits, des lieux, des personnalités qui jalonnent le parcours d'une nation, qui forgent la conscience des citoyens. Ignorer de telles exigences, c'est pire que de l'ingratitude.

S'agissant du 24 janvier 2020, l'habitude faisant la seconde nature, il est normal que le peuple qui a salué l'Alternance en janvier 2019 ait souhaité commémorer ce premier anniversaire. Bien que le coût pour réussir ce type d'organisation ait, pour la première fois dans ce pays, suscité une polémique passionnée, insensée.

Pour les aînés, en effet, depuis que le pays est indépendant, rien de tel ne s'était jamais produit. L'agitation d'aujourd'hui est la conséquence logique de l'élan démocratique imprimé par le régime Félix Tshisekedi.

La journée du 24 janvier va s'éteindre. Mais gardons allumé dans nos cœurs le souvenir de ces vaillants martyrs qui, armés seulement de leur foi en l'avenir de la RD Congo, ont imposé l'Alternance.

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