Congo-Kinshasa: Le Ministère des Affaires étrangères justifie le rappel des ambassadeurs

La ministre Ntumba Nzeza des Affaires étrangères s'est expliquée sans convaincre sur sa mesure portant rappel définitif des ambassadeurs Ignace Gata et Zénon Mukongo, représentant la RDC aux Nations unies. Une question orale avec débat l'attend donc au Sénat à la session de mars.

La rentrée parlementaire de mars 2020 s'annonce tumultueuse pour la ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, Marie Ntumba Nzeza à la Chambre haute du Parlement.

Elle devra, en principe, répondre à une question orale avec débat à la suite de sa décision portant rappel définitif à Kinshasa de deux ambassadeurs, en l'occurrence M. Ignace Gata Mavita et Zénon Mukongo Ngay, respectivement, représentants permanents de la RDC auprès de l'Organisation des Nations unies, à New York et à Genève.

A cet effet, la présidente de la Commission des Relations extérieures du Sénat, Francine Muyumba, qui a témoigné une opposition farouche à cette décision qui violerait, selon elle, les prescrits des articles 81 et 91 de la Constitution, avait adressé depuis le dimanche 15 décembre 2019, une question écrite à la ministre en charge des Affaires étrangères pour justifier les fondements de son action.

Selon des sources concordantes au sein de la Chambre haute du Parlement, les explications de la ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères à cette question écrite n'ont pas convaincu certains sénateurs dont l'auteure de cette interpellation.

Dans sa réponse, renseignent des indiscrétions, aussi bien dans l'administration des Affaires étrangères qu'au Sénat, la ministre aurait répondu en des termes traduisant le manque de maîtrise des rouages de son secteur.

« Le président de la République, chef de l'Etat, ne peut collaborer avec le gouvernement qu'en période de cohabitation », justifierait-elle, rapporte un sénateur membre de la commission Relations extérieures. Cela pour déduire que dans l'entendement de la ministre, pendant la coalition, « la Constitution n'existe pas et peut être violée selon le besoin ».

Par ailleurs la même source affirme que « dans sa réplique, la ministre affirme avoir rappelé définitivement les ambassadeurs. Une action qu'elle considère comme une mesure conservatoire et pourtant un rappel définitif n'en est pas une. Celle-ci, justement définitive, signifie pour toujours, alors que conservatoire signifie avant que n'intervienne une solution définitive ».

Pour un autre sénateur proche de la coalition gouvernementale, « ... ne peut mettre fin à leurs fonctions que le président de la République conformément à l'article 81 de la Constitution. La ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères vient de violer de manière flagrante la loi fondamentale de la RDC en usurpant les prérogatives du président de la République », note-t-il.

En outre, pour de plus amples informations, Le Potentiel a tenté sans succès, d'entrer en contact avec des membres du cabinet du ministre des Affaires étrangères.

De son côté, Mme Muyumba s'est refusée à faire tout commentaire sur la question.

Cependant, les collaborateurs de la présidente de la Commission Relations extérieures du Sénat rassurent qu'à la rentrée parlementaire, toutes les voies légales seront mises en œuvre pour que le préjudice causé soit réparé.

Parmi les griefs mis à charge de la ministre Ntumba Nzeza figurent notamment la décision de rappel définitif de ces ambassadeurs ; laquelle n'a pas été délibérée en conseil des ministres.

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