Tunisie: De nouveaux éléments dans l'affaire de lobbying impliquant Nabil Karoui

23 Janvier 2020

Manifestement l'affaire du contrat de lobbying reliant le candidat au deuxième tour de la présidentielle tunisienne, Nabil Karoui à la firme « Dickens & Madson Canada Inc. » de l'ex-agent de la direction du renseignement militaire israélien, AMAN, Ari Ben-Menashe, n'a pas encore livré tous ses secrets.

En effet, le site Al-Monitor vient de publier sur sa plateforme de nouveaux documents, un « Supplemental Statement » (une déclaration supplémentaire)* au fameux contrat de lobbying.

Les nouveaux éléments attestent que le très controversé lobbyiste israélo-canadien Ari Ben-Menashe avait bien reçu un quart de million de dollars américains pour galvaniser la candidature de Nabil Karoui à la présidentielle tunisienne 2019.

100.000 $ transférés par Salim Hamdadou, « un ami » de Nabil Karoui?

La déclaration supplémentaire d'Ari Ben-Menashe indique que ce dernier a été payé deux-cent-cinquante mille dollars américains (250 000 $) sur trois tranches en septembre 2019 -- peu de temps après le premier tour des élections tunisiennes, qui a vu Karoui passer au deuxième tour avec le vainqueur éventuel Kais Saied -- via deux intermédiaires: Salwa Smaoui (épouse de Nabil Karoui) et Salim Hamdadou, qu'Ari Ben-Menashe a identifié comme étant « un ami » de Nabil Karoui.

Ainsi, Mme Karoui aurait transféré au lobbyiste, le 23 septembre 2019, une somme de 150 mille $ via deux transferts bancaires, l'un de 50.000 $ et l'autre de 100.000 $, selon les documents.

Et deux jours plus tard (le 25 septembre 2019), M. Ben-Menashe a reçu la somme de de 100.000 $ en provenance de sieur Salim Hamdadou, lit-on dans ces mêmes documents.

Ari Ben-Menashe a déclaré à Al-Monitor que Smaoui et Hamdadou l'avaient payé parce que Karoui était en prison à l'époque pour une affaire de « blanchiment d'argent » sans aucun rapport avec son contrat de lobbying.

Certes, le sulfureux lobbyiste avait déjà affirmé dans le très sérieux journal canadien anglophone, « The Globe and Mail » avoir reçu « la somme de 250.000 $ (... ), dont 150.000 provenant d'un transfert de l'épouse de M. Karoui, Salwa à partir d'un compte bancaire à Dubaï », mais sans dévoiler la source des 100.000 $ restants.

Quatre jours avant son arrestation le 23 août 2019, Nabil Karoui avait engagé Ari Ben-Menashe pour l'aider à organiser des réunions avec des responsables américains et renforcer sa candidature avant les élections, selon le contrat de lobbying initial déposé auprès des autorités américaines.

Le contrat en question a été signé par un mystérieux personnage, un certain Mohamed Bouderbala. Nabil Karoui a toujours nié connaître le signataire de ce contrat de lobbying ou avoir eu recours aux services de la firme « Dickens & Madson Canada Inc. » d'Ari Ben-Menashe.

Il est à rappeler que Nazih Soui, l'avocat du candidat au second tour de la Présidentielle Nabil Karoui, a porté une plainte, le 4 octobre 2019, auprès du procureur de la République, au sujet de l'implication de son client dans un dossier de lobbying international, largement relayé sur les réseaux sociaux et les médias.

Le même jour, le porte-parole du pôle judiciaire et financier, Sofiène Sliti a affirmé que le pôle a pris en charge la dénonciation déposée par le président du Courant démocrate, Mohamed Abbou à l'encontre de Nabil Karoui, Olfa Terras et Ennahdha accusés d'avoir fait appel à des agences de lobbying étrangères pour consolider leur positionnement sur l'échiquier politique national et international.

Et dans une déclaration à la TAP, M. Sliti a expliqué que le pôle a chargé la 1ère brigade centrale de recherches à la direction générale de la Garde nationale à l'Aouina d'enquêter sur cette affaire et prendre toutes les mesures nécessaires.

*Les documents de la déclaration supplémentaire au contrat de lobbying sont disponibles sur le site officiel du Département de justice des États-Unis, sous le chapiteau du « Foreign Agents Registration Act », depuis le 21 janvier 2020 à 11:53:30.

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