Sénégal: Inauguration de la case du tirailleur - Le ministre des Forces armées salue un lieu de mémoire

23 Janvier 2020

En l'honneur du dernier poilu africain, Abdoulaye Ndiaye, l'association des amis du musée des Forces armées (Asamu) et l'ambassade de la France ont construit une case du tirailleur à Thiowor, près de Louga. L'infrastructure a été inaugurée hier en présence du ministre Sidiki Kaba.

C'est dans la continuité du devoir de mémoire que l'association des amis du musée des Forces armées (Asamu) avait décidé, en 2007, de rendre hommage au dernier Poilu Africain (combattant de la première guerre mondiale), Abdoulaye Ndiaye, en immortalisant sa mémoire par la réhabilitation de sa case et la construction d'un musée.

C'est chose faite depuis hier avec l'inauguration d'un complexe muséal, dans le village de Thiowor, situé dans la commune de Léona (Louga), à 180 km de Dakar. C'était sous la présidence du ministre des Forces Armées, Sidiki Kaba, du chef d'état-major général des Armées, le général Birame Diop et du chef d'état-major particulier du Président de la République, le vice-amiral Cheikh Bara Cissokho. L'ancien colon était représenté par Mme Agnès Humruzian, première conseillère de l'ambassade de France au Sénégal. Maintenant, Cette case du Tirailleur est un complexe constitué de la case proprement dite où habitait le « Poilu », avec un musée comprenant deux entités : une consacrée à Abdoulaye Ndiaye et une autre réservée à tous les tirailleurs Sénégalais de la Grande guerre et à leurs frères Africains. Né en 1894 à Thiowor où il est décédé le 10 novembre 1998, alors qu'il devait recevoir la Légion d'honneur, le lendemain, 11 novembre anniversaire de l'Armistice, Abdoulaye Ndiaye a intégré à 19 ans les 6e et 22e régiments d'infanterie coloniale au sein desquels il a participé aux théâtres du nord de la France et d'Orient où il s'est illustré à plusieurs reprises, selon sa biographie. Ses faits d'armes sont plusieurs fois récompensés : il obtient la Croix de guerre, puis la médaille militaire.

Hier, Sidiki Kaba a déclaré que la cérémonie vise à «faire réhabiliter, préserver et célébrer notre mémoire combattante à l'effet de la vivifier mais aussi et surtout de transmettre à la jeunesse sénégalaise les valeurs et vertus propres à notre pays pour forger le patriotisme et le sens civique devant leur permettre d'être des acteurs majeurs de développement et d'intégration des peuples africaines et du monde». Ce lieu de mémoire, réalisé par l'Asamu sera remis à la Direction des Archives et du Patrimoine historique du ministère des Forces armées qui en supervisera la gestion. Le ministre Sidiki Kaba, après avoir salué la mémoire de tous ceux qui, ont œuvré pour la restauration de la mémoire des tirailleurs, a toutefois rappelé que «ce formidable exemple de devoir de mémoire doit contribuer à exorciser la guerre». Car, a-t-il souligné, «il est de notre responsabilité, dans ce contexte de menaces complexes et multiformes, de préparer la jeunesse en lui inculquant les notions fondamentales de respect de la vie, de la dignité humaine, de la tolérance».

Pour sa part, la représentante de la France a estimé qu'Abdoulaye Ndiaye était le dernier témoin de la participation des tirailleurs sénégalais à la Grande guerre. «Sans l'avoir voulu, avec humilité et discrétion, pour nous tous ici présents, Abdoulaye Ndiaye porte l'Histoire», a ajouté Mme Agnès Humruzian. Pour la diplomate, «ce musée inaugure pour nous un nouveau rapport à l'Histoire : celui du recueillement, de la mémoire, et du travail sur notre passé».

Nos pays sont liés par les combats menés, par le dévouement et la persévérance partagés, par le sang versé en commun, a ajouté Mme Humruzian, selon qui, «la France est liée à tout jamais aux pays africains». En inaugurant le musée préservant la case d'Abdoulaye Ndiaye, dernier tirailleur sénégalais de la Première guerre mondiale, «la France s'incline avec respect devant la mémoire des combattants africains de la Grande guerre ; Elle sait ce qu'elle leur doit», a conclu la diplomate. Le complexe muséal peut être un bon outil de promotion culturelle et de tourisme mémoriel qui peut constituer un tremplin pour un développement endogène de Thiowor.

Plus de: Le Soleil

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