Congo-Brazzaville: Politique nationale - Conférences de presse ou meetings en salle ?

Au grand désarroi des journalistes qui couvrent leurs activités au quotidien, la plupart des acteurs politiques congolais confondent la notion de conférence de presse à des meetings en salle.

Par définition, une conférence de presse est un événement médiatique au cours duquel des personnalités qui font l'actualité convient des journalistes à les écouter et, le plus souvent, à leur poser des questions. L'évènement cible les journalistes, blogueurs et tous les influenceurs du web aptes à diffuser une information fiable autour d'une actualité. L'objectif étant de divulguer une information assez pertinente pour qu'elle soit digne d'être relayée dans les médias.

Cependant au Congo, les échanges entre la presse et les acteurs politiques, notamment les partis prennent souvent les allures des meetings en salle. A ce propos, aucune formation politique ne fait exception. A la majorité présidentielle comme à l'opposition, il n'est pas exclu de voir les chevaliers de la plume et du micro débout par manque de places ou occuper les derniers rangs pendant que des cadres et militants sont confortablement assis aux premières loges.

Ces mauvaises pratiques sont observées ces derniers temps, surtout au niveau de l'opposition. Les journalistes ayant couvert les dernières conférences de presse de l'Alliance pour la République et la démocratie (ARD) de Mathias Dzon et la Fédération de l'opposition congolaise (FOC) que préside Claudine Munari n'en diront pas le contraire.

En effet, si à la FOC plusieurs journalistes, pourtant invités, sont restés débout avec la complicité des organisateurs, à l'ARD, en dépit des dispositions prises par les responsables pour installer les hommes des médias au premier rang, des militants ont créé un incident en s'en prenant ouvertement à la presse. « Poser des questions, vous êtes venus seulement vous faire des poches », a lâché un militant de l'ARD dans la salle.

Il a fallu l'intervention sinon le rappel à l'ordre du président de l'ARD pour calmer les esprits surchauffés. « Respectons-nous les uns les autres, s'il vous plaît. Soyons dignes, c'est bien de parler des autres mais il faut aussi se regarder soi-même. Restons tranquille », a calmé Mathias Dzon.

A l'Union panafricaine pour la démocratie sociale que dirige Pascal Tsaty-Mabiala comme à l'Union des démocrates humanistes-Yuki de Guy Brice Parfait Kolélas, le constat est le même. Au Parti congolais du travail, formation socle de la majorité présidentielle, les journalistes déplorent les mêmes attitudes.

Que doit-on faire ? La question reste posée.

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