Cote d'Ivoire: Ruth Gbagbi (médaillée de bronze olympique 2016) - « C'est maintenant que Dieu a décidé que... »

interview

N° 1 mondial au récent classement de la World Taekwondo dans la catégorie des -67 kg, Ruth Gbagbi est désormais la taekwondo'in « à abattre » sur le tatami. Il sera toutefois difficile de tomber celle qui totalise une somme d'expériences dans le haut niveau, pour aujourd'hui s'installer confortablement dans le fauteuil de leader mondial. Dans cet entretien, la médaillée de bronze olympique partage avec l'IA ses ambitions pour les JO de Tokyo. Tout tout s'engageant à travailler d'arrache-pied pour être au meilleur de sa forme pour ces Jeux. Elle lance un appel au président de la République pour les JO et adresse un message à la jeunesse ivoirienne. Interview !

Vous êtes depuis le mois de janvier 2020 N°1 mondial dans la catégorie -67 kg. Est-ce que vous vous attendiez à une telle ascension ?

Je voudrais avant toute chose vous remercier de m'offrir cette occasion de m'exprimer dans nos colonnes. Je voudrais aussi dire merci à l'ensemble des journalistes ivoiriens qui communiquent autour de notre actualité. Pour revenir à votre question, je tenais à vous dire que je ne pensais pas occuper la première place dans ma catégorie au classement de janvier 2020. Mon objectif était d'être dans le top 5 pour être qualifiée directement pour les Jeux Olympiques de 2020. J'occupais la 9e place et je cherchais des points pour me qualifier. Avec le soutien de tout le monde, je suis arrivée à me hisser au sommet. Sur le tatami, j'ai une double motivation quand je pense à tous ceux qui me soutiennent dans l'ombre. Cela m'a permis d'aller loin dans mes récentes compétitions. Au final, au lieu obtenir la 5e place, je suis à la première place. C'est une grâce de Dieu. C'est grâce aussi au soutien de tout le monde.

Où étiez-vous et comment avez-vous été informée ?

J'étais à Abidjan quand l'information est tombée. Ce que je dois dire, c'est qu'après la Finale du Grand Prix à Moscou en Russie en Décembre 2019, tout le monde était dans les calculs pour savoir ceux ou celles qui sont qualifiés directement. Après avoir remporté ma finale, Me Remarck, avec qui je calculais mes points et qui réside au Canada, m'a appelé pour me dire que je serais en janvier la première dans ma catégorie. Et c'est lui également, qui le 7 janvier 2020 m'a envoyé le ranking. Effectivement, j'étais première dans la catégorie -67 kg. Vous imaginez ma joie. Étant donné que mon but était d'être dans le top 5 pour être qualifiée directement pour les Jeux Olympiques de 2020.

Médaillée de bronze olympique en 2016, il a fallu attendre 2020 pour vous voir au sommet du classement dans votre catégorie. Comment peut-on expliquer cet état de fait ?

Le sport que nous pratiquons n'est pas facile. Nous travaillons jour et nuit pour être au sommet, au top niveau. Il y a des périodes . Cela ne veut pas dire que, nous ne travaillons pas. Pour revenir à mon cas, Dieu n'avait pas encore décidé. C'est maintenant que Dieu a décidé que je parvienne au sommet. Je vais continuer de travailler pour maintenir le rang et améliorer mes performances.

Vous êtes désormais au sommet. Il faut se maintenir. Le plus dur commence pour vous. Quel mécanisme allez-vous mettre en place pour maintenir le cap ?

Je vais continuer sur la même lancée. Je vais continuer de m'entrainer dur avec mes coaches. Je vais continuer à écouter mes conseillers. Je ne vais rien changer. C'est ce que j'ai suivi, c'est ce que j'ai fait depuis 2009, année de mon entrée en équipe nationale. C'est ce que j'ai fait pour être aujourd'hui au sommet.

C'est quoi l'agenda sportive de Ruth Gbagbi avant les JO 2020 ?

Avant les Jeux Olympiques, je vais participer à deux ou trois compétitions. Ensuite, je vais rentrer dans une phase de préparation intense pour les Jeux Olympiques. Et après aller à Tokyo.

Personnellement comment vous voyez votre 3e participation aux Jeux Olympiques à Tokyo ?

2020, c'est maintenant. C'est maintenant que cela se prépare. Je prépare maintenant ce que je veux offrir à la Côte d'Ivoire. Je vous assure que je vais tout donner. Je vais tout donner à l'entrainement pour être au meilleur de ma forme à Tokyo. À Tokyo, Dieu va décider. Je puis vous dire que je vais mettre toutes les chances de mon côté à l'entrainement ; je ne vais pas tricher, je serais assidue, j'aurais une bonne alimentation ; en somme j'aurais une hygiène de vie de sportif pour accroître mes chances de médailles.

Doit-on ou peut-on espérer une médaille d'or olympique après celle de 2016 ?

Dieu fera ! Dieu fera !

Sur le plan international, quel est l'adversaire qui vous pose d'énormes difficultés sur le tatami ?

Par le passé, je citais le nom de quelques filles. Aujourd'hui, je me rends compte que toutes les filles me posent des problèmes. Au départ je parlais de la Turc ( Nur Tatar Askari ), ensuite l'anglaise (Laren Williams ), puis la Croate ( Matea Jelic ). Aujourd'hui, je me rends compte que même la Chinoise ( Mengyu Zhang ), la Française ( Magda Wiet Henin ) me posent des soucis. Toutes les filles sont fortes. Elles ont évolué. Je m'entraine pour m'améliorer. Si je suis en forme, je peux leur tenir tête. Je préfère me concentrer sur moi.

Vous avez eu l'avant-bras fracturé en juillet 2019 . Peut-on dire que cette blessure est loin de vous pour vous permettre de mieux aborder ces Jeux Olympiques ?

Dr Eric Allangba, mon médecin m'aide à mieux aborder ces JO de Tokyo.

La blessure est-elle latente ou elle a totalement disparu ?

J'ai subi une opération. Dieu merci, l'os s'est vite reconsolidé. Je suis un régime pour donner du tonus à mes osseux.

Est-ce que vous songez déjà à votre après carrière ?

Je pense beaucoup à cela (ndlr ; Elle sourit). Pour l'instant, je ne saurais vous parler de mon après carrière. Très bientôt, vous serez informé.

C'est dire que vous n'avez pas pensé pour l'heure à une reconversion ?

Je pense à plusieurs choses. Mais pour l'instant, je n'ai pas encore décidé.

Quels sont vos rapports avec le comité directeur de la Fédération. Notamment le président Bamba Cheick Daniel...

Nous avons de bon rapports avec la fédération avec à sa tête, le ministre Bamba Cheick Daniel. Entre le président et moi, c'est une relation de père et fille.

Vous avez obtenu une bourse d'étude de l'État de Côte d'Ivoire pour l'Espagne. Comment ça se passe en Espagne ?

Ça se passe super bien. C'est grâce à cette bourse que j'ai pu me qualifier à la dernière minute. Après ma blessure, il me fallait refaire mon retard. Avant ma blessure, j'étais 3ème au classement. J'ai fait trois mois sans compétition et je suis descendu à la 9ème place. Il me fallait participer en deux mois à beaucoup de compétitions. En moins de deux mois, j'ai fait cinq compétitions. Sur les cinq compétitions, j'ai financé trois compétitions. J'ai financé trois compétitions, parce que l'État de Côte d'Ivoire me soutient. Sans le soutien de l'État, je ne participais pas à ces trois compétitions. Je profite pour dire merci au président de la République, Alassane Ouattara et la Première Dame, Dominique Ouattara. J'espère que ce soutien va continuer. Aujourd'hui, nous nous préparons pour les JO de Tokyo, nous aimerions qu'il nous soutienne afin d'optimiser notre préparation pour Tokyo.

Vous êtes aujourd'hui une icône pour la jeunesse. Avez-vous un mot à adresser à cette jeunesse ?

Des personnes pensent que c'est parce que, je suis un "garçon manqué" que je pratique le taekwondo. On peut être pleinement féministe et être taekwondo'in. Miss Kragbé Cynthia est un exemple. Elle fait le taekwondo et elle s'est présentée au concours à miss Côte d'Ivoire en 2014. J'encourage toutes les femmes, les jeunes filles, quel que soit leur âge à pratiquer ce sport. Je voudrais lancer un appel à la jeunesse. Nous voyons beaucoup de chose sur les réseaux sociaux aujourd'hui. Nous avons mal de voir cette jeunesse [l'avenir de ce pays] s'adonner à la facilité. Je demande à la jeunesse de se mettre au travail et de s'éloigner de la facilité . La jeunesse a besoin d'un repère et ce repère peut être les sportifs que nous sommes.

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