Madagascar: Assis... Tana

À chacun sa besace. Le monde est en pleine mutation. L'Australie dévastée pendant plusieurs semaines par un incendie dont l'ivresse est mille fois plus que ce pourrait être l'enfer. Vingt-huit personnes et un milliard d'animaux ont péri et des centaines de milliers d'hectares de forêts ont été détruits et ne seront plus reconstruits.

Une catastrophe pour l'environnement et l'humanité. Après l'incendie finalement maîtrisé par la nature elle-même à travers une pluie torrentielle, un autre drame a frappé le pays des kangourous et des koalas. Une avalanche de grêles grosses comme une boule de pétanque s'est abattue dans plusieurs villes causant d'importants dégâts sur les habitations, les véhicules et les cultures. L'addition sera bien évidemment salée avec la conjugaison du feu et de la glace. Il est trop tôt pour anticiper les conséquences de ces désastres mais il est clair qu'on ne s'en relèvera pas de sitôt.

À Dubaï, il a plu en un jour comme il n'en a jamais plu dans cet ancien désert transformé en oasis artificiel par les pétrodollars. L'argent n'a pour le moment aucun pouvoir sur les caprices de dame nature qui n'en fait qu'à sa tête et qui en fait voir de toutes les couleurs. Les infrastructures de ce paradis du désert n'ont pas été prévues pour faire face à cette éventualité.

Au Canada, où il fait pourtant très froid en hiver, la thermomètre a explosé. La température est encore descendue plus bas battant les records. Un blizzard a complètement enseveli les voitures restées dehors alors que les foyers sont à peine visible.

L'Australie, l'Arabie Saoudite et le Canada sont des pays riches, équipés pour affronter les risques et catastrophes climatiques. Ils utilisent tous les moyens pour limiter les dégâts et sauver ce qui peut l'être.

Madagascar n'est pas épargné par cette perturbation climatique qui frappe le globe terrestre. Sauf que la population est livrée à elle-même et l'État n'a pas les moyens pour sauver les sinistrés. Une semaine de pluie incessante a fait plus de dégâts et de victimes que tous les cyclones antérieurs. Les vétustes infrastructures datant de l'indépendance n'ont pas résisté à la furie des crues. Ponts et routes ont cédé au tsunami.

Plusieurs villes et régions sont isolées et on ne peut même pas leur venir au secours, les routes étant coupées. Quelle déveine. Le bureau chargé de gérer les risques et catastrophes naturelles est dépassé par les événements. Il a du mal à avoir les informations et le bilan un peu partout malgré les avancées technologiques et la dotation en matériel depuis 2017. Il y a beaucoup de communication et de verbiage mais peu d'action.

L'État a beau échafauder un plan de développement mirobolant, voilà le sort qui s'acharne sur le pays. Pendant plusieurs semaines, l'attention sera focalisée sur les victimes les sinistrés de ces intempéries ainsi que les dégâts. Les bailleurs de fonds et la communauté internationale vont accourir au chevet des sinistrés pour montrer qu'ils restent indispensables.

Pourtant, ils sont là depuis quarante ans ou plus, mais ils n'ont pas aidé le pays à pouvoir affronter les cataclysmes dans les meilleures conditions. On est réduit ainsi à dépendre de la charité et de l'assistanat. Il est vrai que les cataclysmes ont toujours été générateurs de revenu.

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