Tunisie: Produits cosmétiques écoulés dans les souks et les marchés populaires - Nocifs et dangereux

24 Janvier 2020

Qu'ils soient contrefaits, d'origine inconnue, utilisés ou périmés, peu importe ! L'essentiel, c'est de se faire belle sans trop dépenser d'argent...

On les retrouve un peu partout, sur les étalages des marchands ambulants ou encore chez les fripiers. Des produits cosmétiques usagés, dont on ne connaît ni la provenance ni la date de péremption, sont exposés au soleil à longueur de journée et contiennent des composants chimiques qui peuvent être nocifs et dangereux pour la santé de l'être humain.

Et pourtant, un bon nombre de consommatrices inconscientes des risques liés à l'usage de ces produits n'hésitent pas à s'arrêter devant les étals où sont exposés ces produits pour en acheter quelques-uns.

Crèmes hydratantes pour le visage, lotions de corps, fonds de teint, fard à paupières, fard à joues, crayons, mascaras... et même vernis à ongles. On trouve ces produits cosmétiques exposés à la vente partout dans les souks et les marchés populaires de Tunis ou dans les autres villes.

De provenance inconnue

Pis encore! Ces produits, qui doivent normalement se vendre dans les parfumeries et boutiques spécialisées dans la vente de produits cosmétiques, sont généralement exposés au soleil et on ne sait même pas d'où ils viennent et quels sont leurs composants !

Il n'est pas rare de voir une foule, généralement de la gent féminine, se rassembler devant un vendeur de produits cosmétiques qui expose ses marchandises dans la rue. Une semaine auparavant, nous étions, dans l'une des ruelles de la ville de Monastir, là ou un marchand de produits cosmétiques a décidé d'installer ses quartiers au vu et au su des brigades de contrôle économique et sanitaire et des autorités de tutelle.

Sur ses étalages, il propose à tous les passants des crèmes hydratantes, des lotions à appliquer sur le visage et sur le corps et des produits cosmétiques pour camoufler les défauts... outre des articles, tels que les déodorants, les savons à base d'huile d'olive, huile d'amande pour l'hygiène quotidienne.

«Le prix d'un crayon à lèvres ou à paupières oscille entre 3,5 et 5 dinars, selon la marque», nous renseigne le vendeur. En lui posant la question si ces produits sont d'origine et d'où ils viennent, s'ils sont de bonne qualité, ce dernier, avec toute confiance, nous répond que tous ces produits sont de bonne qualité et qu'ils viennent tout droit de pays étrangers, comme l'Algérie.

Nous avons quitté ce marchand, qui enregistre une affluence de visiteurs et d'acheteurs à la recherche de produits écoulés à prix cassés, sans se soucier vraiment de la qualité de ces derniers, de leur date limite d'utilisation, de leurs conditions de conservation dans un endroit à l'abri du soleil et de l'humidité.

Produits périmés

Pis encore, dans certaines friperies, les vendeurs exposent également des produits d'hygiène corporelle, qui sont, la plupart, ouverts, usés et dont on ne connaît ni la date d'ouverture du flacon ni la date limite de fabrication. Dans l'une des boutiques de fripe de la ville de Tunis, un kit de vernis à ongles, déjà ouvert, a attiré notre attention.

En nous renseignant auprès du vendeur du prix du produit, ce dernier nous a informé, sans aucune hésitation, que le kit de trois vernis à ongles se vend à 15 dinars ! Quant à la crème hydratante pour le visage, elle se vend à 10 dinars et la palette de maquillage usagée à 20 dinars.

Et pour justifier ces prix relativement chers, le vendeur nous explique qu'il s'agit bel et bien de produits de très haute qualité, sans se soucier ni de leur provenance, ni de leur composition, ni du fait qu'ils soient nouveaux ou qu'ils ont déjà été utilisés par le passé.

Les professionnels de santé recommandent pourtant qu'il ne faut jamais utiliser un produit après six mois de son ouverture ou dont le composant chimique est inconnu ! Car cela peut provoquer plusieurs problèmes de santé dont des allergies et d'autres maladies de la peau.

Dermatologue, Linda Daoued recommande,en effet, de ne pas utiliser certains produits cosmétiques et pharmaceutiques six mois après leur ouverture. La spécialiste conseille également les consommateurs d'éviter l'achat d'articles d'origine inconnue et qui sont exposés à la vente en pleine rue.

Plus de: La Presse

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