Sénégal: A Kaffrine, 64% des élèves du cycle primaire ne disposent pas de pièce d'état civil (IA)

Kaffrine — Au total, 32.871 élèves des écoles primaires de la région de Kaffrine (centre) ne disposent pas de pièce d'état civil pour cette année 2019-2020, ce qui représente un taux de 64%, a révélé, vendredi, l'inspecteur d'académie (IA) de Kaffrine, Aboubacry Sadikh Niang.

"Sur les 51.322 élèves de CEI et CM1 de la région de Kaffrine, les 32.871 sont aujourd'hui sans pièce d'état civil. Donc, nous avons 64% des inscrits qui ne disposent pas de pièce d'état civil. La situation de l'état civil dans la région de Kaffrine par rapport à la cible scolaire est inquiétante", a déploré l'IA de Kaffrine.

Il s'exprimait en marge d'un comité régional de développement (CRD) axé sur la situation de l'état civil à Kaffrine.

Cette rencontre a été présidée par le gouverneur Jean Baptiste Coly, en présence du représentant de l'UNICEF, Massamba Diouf, des associations des mères d'enfants, des présidents de tribunal d'instance, des inspecteurs de l'éducation et de la formation (IEF) et des élus locaux, entre autres participants.

Pour Aboubacry Sadikh Niang, "avec la situation de 2018 où ce pourcentage des élèves sans pièce d'état civil était à 84,83%, il y a des motifs d'espoir".

"Sur un an, nous sommes parvenus à gagner 20 points. Les stratégies qui ont été développées jusqu'ici, notamment au niveau des inspecteurs de l'éducation et de la formation (IEF) en termes de recensement, d'identification et d'accompagnement de ces enfants dans la régularisation, aux côtés des acteurs de l'éducation, ont permis de réduire ce taux", a-t-il dit.

L'IA a promis de travailler davantage pour sensibiliser les parents d'élèves, les enseignants et mettre en place une synergie d'action avec l'ensemble des acteurs de l'éducation, afin de minimiser ce taux de 64% des élèves sans pièce d'état civil à Kaffrine.

"Cette rencontre va permettre de stabiliser des stratégies porteuses qui permettront à l'académie de Kaffrine de minimiser le pourcentage d'élèves sans pièce d'état civil", a indiqué M. Niang.

Il a expliqué que ce CRD est initié par le ministère de l'éducation pour asseoir une stratégie nationale, en vue de revisiter les différentes expériences qui sont en train d'être déroulées au niveau de la région de Kaffrine et ensuite alimenter la réflexion à l'échelle nationale.

Par ailleurs, l'IA de Kaffrine a rappelé qu'il n'est pas possible pour un enfant bénéficiaire d'une régularisation (audience foraine) de se présenter aux différentes instances comme au concours d'entrée au lycée d'excellence de Diourbel, au concours d'entrée à l'école Mariama Bâ de Dakar et au concours général sénégalais.

Cela, a-t-il fait observer, "limite les chances de certains enfants de la région de Kaffrine par rapport à leur possibilité d'être présents à ces instances d'excellence de dimension nationale", invitant ainsi les parents à procéder à temps à la déclaration officielle de leurs enfants.

De son côté, le représentant de l'INICEF, Massamba Diouf, a invité le ministère de l'éducation nationale à permettre aux élèves qui ont obtenu leur acte d'état civil, à travers les audiences foraines, de pouvoir participer aux concours d'excellence.

"Les audiences foraines ne sont pas faites pour réduire l'âge des enfants. C'est une pratique discriminatoire qui porte préjudice à des d'élèves qui, pourtant, ont le niveau et les compétences pour participer aux différents concours d'excellence", a soutenu M. Diouf.

"Parler d'audiences foraines ce n'est pas pour réduire son âge, c'est juste pour donner à la personne une reconnaissance officielle. Nous appelons le ministère de l'éducation nationale à revoir cela pour permettre à tous les enfants qui ont bénéficier d'un acte d'état civil de pouvoir participer aux concours d'excellence", a demandé Massamba Diouf par ailleurs spécialiste protection de l'enfant à l'UNICEF sénégalais.

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