Ile Maurice: Ambiance - Petit discours entre amis

Pas de petites piques. Pas de ricanements. Pas de provocations. Rien n'a perturbé le discours-programme lu, hier, à l'Assemblée nationale, par le président de la République, Pradeep Roopun. Cela, devant des bancs de l'opposition vides, pour cause de boycott, mais en présence de la majorité gouvernementale.

Contrairement au discours du Budget, personne ne frappe sur les pupitres, en signe d'acclamation, pour ponctuer les mesures énoncées dans le discours-programme. À peine un sourire esquissé par certains à l'annonce de l'introduction prochaine d'un code de conduite pour les parlementaires. Et une vague perceptible de soulagement, après un peu plus d'une heure de lecture, quand Pradeep Roopun lance: «before concluding...» Nous n'aurons pas droit à un grand oral de plus de deux heures.

La majorité est restée étrangement silencieuse, même quand le président bute sur certains mots, comme «shock» et «Chagos». Le speaker affiche une mine renfrognée tout le long du discours et les habituels bavards, tels Stephan Toussaint et ses voisins Bobby Hurreeram , Yogida Sawmy-naden et Soodesh Callichurn, sont restés discrets.

Dans la cohorte des conseillers du Premier ministre, au coude-à-coude : Rudy Veeramundar (qui se retourne de temps à autre pour parler aux trois photographes du Government Information Service, assis juste derrière lui), Jean Paul Arouff, nouveau directeur de communication, Ken Arian (qui aura un aparté avec le Parliamentary Private Secretary Ravi Dhaliah) et Jean-François Chaumière. Si l'épouse du PM Kobita Jugnauth n'était pas là, par contre sa belle-sœur, Medha Ramdanee, était bien présente. Tout comme Navin Beekharry, directeur général de l'Independent Commission Against Corruption.

Tous n'ont pas écouté depuis le début. Parmi les retardataires, le prédécesseur de Pradeep Roopun, Barlen Vyapoory. Françoise Labelle a pris place après l'hymne national. Tout comme Charles Cartier, président de l'Economic Development Board et Marie Claire Monty, nommée ambassadrice en Australie. Alain Wong, en partance pour représenter Maurice en Chine, était présent. Michael Ah Tow, de la City Clinic, est placé près du carré des candidats battus, où Clive Auffray, Nilen Vencadasmy, Abdullah Hossen et Zouberr Joomaye ont pris place. La colistière de ces derniers, Shakila Jahangeer a pris place dans la galerie publique.

Des députés de l'ancien gouvernement n'ayant pas eu d'investiture sont là: Sandhya Boygah, Raj Rampoortab, Raffick Sorefan. Ils partagent l'espace avec Jay Prakash Meenowa et Sanjeeven Permall, qui ont quitté le MMM aux dernières élections. Ils sont 12 membres de l'orchestre de la police dans la galerie habituellement réservée à la presse.

Quand le speaker suspend la séance pour aller accueillir le président de la République, élus et invités suivent cette partie protocolaire sur les deux écrans installés de chaque côté de la chaire du président de l'Assemblée nationale. Tout le monde suit la retransmission en direct de la MBC , avec une version en hindi, langue qui en principe n'est pas admise dans l'Hémicycle, tout comme le créole.

Quand Roopun dit «Government» au lieu de «My Government»

Fait notable lors de la lecture du discours-programme hier, le président de la République a choisi de dire «Government» au lieu de «My Government» (comme cela a toujours été le cas sauf pour 2015, avec Kailsah Purryag) à chaque fois qu'il faisait référence au gouvernement. Est-ce que cette formule lui a été imposée? «L'express» a posé la question au ministre Nando Bodha. Celui-ci explique qu'il y a certaines traditions mais que la personne qui lit le discours-programme a le choix. «Parfwa, ena dir 'My Government', kouma larenn Langleter, mé ena dir zis 'Government'.»Cela n'a donc rien à voir avec le fait que ce n'est pas le président de la République qui choisit les ministres ou le gouvernement à Maurice mais bien le PM.

Mauvais temps : La parade annulée, la place d'armes déserte hier

Hier après-midi, la Places d'Armes, à Port-Louis, était déserte (en haut), mis à part quelques rares passants qui pressaient le pas pour rentrer chez eux. Pour cause, la parade officielle qui devait précéder l'ouverture de la nouvelle session parlementaire et avec la lecture du discours-programme par le président de la République a été annulée, mauvais temps oblige. Malgré leur hâte, des passants n'ont pas manqué de jeter un coup d'œil à l'Hôtel du gouvernement, où une certaine effervescence régnait. Mais malgré ces agitations inhabituelles, certains d'entre eux nous ont confié qu'ils ne savaient pas que la lecture du discours-programme était prévue, à l'Assemblée nationale.

L'un des passants, Jugdutt Ramdenee, un retraité qui exerçait dans le milieu éducatif dans le passé, s'attend à une amélioration de notre qualité de vie. «Dans le secteur éducatif, je souhaite que le temps alloué pour les périodes dans les collèges soit rallongé. 30 ou 40 minutes, ce n'est pas assez. Il faut plus de temps pour que les enfants puissent prendre des notes de manière optimale et, aussi, pour questionner leur enseignant», souligne-t-il. De plus, le retraité martèle qu'il y a un manque d'emplois à Maurice. «On prend des étrangers pour venir travailler alors qu'il y a des Mauriciens qui sont au chômage. Il faudrait changer ça.»

Vikram Babajee, quant à lui, n'a pas manqué le rendez-vous du discours-programme. Il écoute attentivement le président parler, à la radio, sur son téléphone. «Peu importe le gouvernement qui a été élu, je serai satisfait s'il sert le peuple comme il le faut.» Cependant, il est triste que la parade n'ait pas eu lieu. «Depuis mon enfance, mon père et moi venions assister à toutes les parades dans la capitale.»

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