Ile Maurice: Légumes dans les champs - Les pertes estimées à 60%

Apres les pluies diluviennes qui se sont abattues sur l'île, les planteurs se préparent à affronter une nouvelle formation cyclonique.

Certains n'envisagent pas de remettre des légumes en terre de sitôt puisque le sol, déjà bien engorgé, est de nouveau arrosé. La Small Planters Association (SPA) a procédé à une première évaluation: 60 % des champs à travers l'île ont été abîmés, à différents degrés.

Des cultivateurs étaient justement sur le point de récolter des légumes dans leurs champs. Après les pluies abondantes, certains plants ont résisté mais la plupart ne sont plus en condition d'être commercialisés.

C'est le constat de Kreepalloo Sunghoon, secrétaire général de la SPA. Il affirme avoir eu des retours des planteurs à travers le pays. «Le conseil que nous donnons à ceux dont les pertes s'élèvent à 50 %, c'est d'arracher les plants qui ne peuvent plus rapporter et de tenter de sauver la moitié du champ qui a survécu.

D'autres planteurs ont connu des pertes de 70 à 80 %. Ceux-là, nous leur avons conseillé de tout nettoyer et de replanter dans quelque temps», soutient Kreepalloo Sunghoon.

Mais il n'y a pas que les légumes abîmés qui désolent les planteurs en ce moment. «Nous évaluons la production à moins de 50 %. Il y a aussi le fait que les plants qui ont pu être sauvés ne donneront des légumes que dans 25 à 30 jours.

Entre-temps, il y a le risque de transmission de maladies d'un champ à un autre, à travers le passage de l'eau. On prévoit des jours difficiles pour le secteur», poursuit Kreepalloo Sunghoon.

Parmi les légumes les plus affectés, il y a les herbes aromatiques, comme le thym, le persil, le cotomili mais aussi les plantes filantes comme le chouchou, la calebasse, la pipengaille et les haricots. Ainsi que tous les légumes en terre comme les carottes, les betteraves, les pommes de terre.

Pour parer à une éventuelle pénurie, il nous revient que l'Agricultural Marketing Board (AMB) attend une cargaison de légumes d'ici la semaine prochaine. Parmi les importations, les carottes, les choux et les haricots.

«Il serait mieux que l'AMB vende les légumes importés dans ses stands présents un peu partout dans l'île et limite la quantité par personne pour qu'il n'y ait pas d'abus au niveau du prix», fait ressortirKreepalloo Sunghoon.

Des Mauriciens tentent de se préparer...

La semaine dernière, à l'annonce des grosses pluies, certains Mauriciens se sont empressés d'acheter un peu plus de légumes, histoire de se constituer une réserve pour les mauvais jours. Renousha Busawah, une jeune habitante de Lallmatie, s'est ruée chez son marchand habituel de pommes d'amour.

«J'aime beaucoup la pomme d'amour et je l'utilise dans beaucoup de repas. Lorsque j'ai appris qu'il y aurait encore de la pluie, j'en ai acheté parce que je sais que les prix vont flamber», avance cette Legal Assistant au bureau de l'Attorney General. Samedi dernier, elle les a donc achetées alors qu'elles n'étaient pas encore mûres.

«Je les conserve hors du frigo pour le moment», ajoute-t-elle. D'autres personnes ont opté pour la conservation des pommes d'amour au frigo.

«Si la situation s'aggrave, dans ce cas, il faudrait opter pour la congélation. Mais on ne peut que les utiliser dans les rougailles ou pour les chatini puisqu'elles ramollissent une fois hors du frigo», précise la jeune femme.

Shemida Ramdewar-Emrith, cultiva-trice et femme encanteur dans l'Est, préconise évidemment l'utilisation de légumes frais. En revanche, dans une telle situation, pour conserver le goût des aliments, elle préfère la pasteurisation à la congélation. «Par exemple, pour les pommes d'amour, on peut les cuisiner en purée ou même faire une rougaille et ensuite reverser la préparation dans un pot en verre. Il suffit de mettre un récipient d'eau à chauffer et de mettre le pot dans l'eau et de laisser bouillir. Après quoi, il faut faire refroidir le pot rapidement», indique la jeune femme. Cette méthode est d'ailleurs utilisée dans les industries pour détruire un grand nombre de microbes.

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