Afrique du Nord: Quelle solution pour la Libye ?

Au lendemain du sommet qui a vu une dizaine de chefs d'Etat se réunir à Berlin autour de la chancelière allemande, Angela Merkel, pour tenter de trouver une issue à la crise qui dévaste la Libye, il apparait clairement que non seulement les puissances européennes sont incapables d'agir pour ramener la paix dans le pays, mais aussi et surtout qu'elles n'ont toujours pas pris la mesure de leurs responsabilités dans la détérioration de la situation.

Avec, comme conséquence, le fait qu'elles vont se trouver elles-mêmes confrontées rapidement à des problèmes qu'elles ne pourront pas résoudre et qui provoqueront en leur sein des tensions qui changeront très probablement la donne politique sur le Vieux continent avec une montée inédite des populismes.

Trois grands mouvements se dessinent, en effet, ou plus exactement se précisent, dont le Vieux continent va subir directement les terribles effets :

° Le premier résulte de l'affrontement qui oppose les deux camps libyens : avec, d'une part, le gouvernement officiel reconnu par les Nations unies et soutenu par des pays comme la Turquie qui s'efforce de ressusciter l'Empire ottoman et, d'autre part, le maréchal Haftar qui contrôle une bonne partie du territoire libyen avec le soutien de puissances comme l'Egypte.

L'objectif visé étant le contrôle des immenses ressources naturelles que renferme le territoire libyen, il est évident que les conférences comme celle de Berlin n'ont aucune chance de ramener la paix dans cette partie du continent.

° Le deuxième mouvement, qui affecte dès à présent l'Europe, est la décomposition de la région du Sahel qui a découlé de l'assassinat du Guide libyen Mouammar Kadhafi. Une décomposition que les Etats et les gouvernements refusent pour l'instant de regarder en face, mais que la montée continue des violences ethniques et religieuses au Mali, au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Tchad fait apparaître clairement. Et contre laquelle les forces coalisées autour de la France s'avèrent de facto incapables de lutter alors même que des moyens militaires importants sont déployés sur le terrain.

° Le troisième mouvement est l'aggravation dramatique du phénomène migratoire qui résulte de la combinaison des deux mouvements précédents. Les drames qui se multiplient ces derniers temps en Mer Méditerranée et que rapportent en continu, images à l'appui, les chaînes de télévision du Vieux continent témoignent de façon effrayante que les organisations criminelles surfent désormais sur la décomposition humaine de cette partie du continent. Ils démontrent aussi et surtout l'incapacité des pays de la Vieille Europe de lutter contre le mouvement qui la submerge et dont l'ampleur s'accroit chaque jour.

Quitte à se répéter une fois de plus, disons que ce n'est ni à Berlin, ni à Bruxelles, ni à Paris, mais en Afrique et en Afrique seulement que des solutions crédibles seront trouvées pour résoudre le conflit qui déchire la Libye. Une évidence énoncée à maintes reprises par le président du Haut comité de l'Union africaine sur la Libye, Denis Sassou N'Guesso, que tôt ou tard la communauté internationale sera contrainte de faire sienne. Que cela lui convienne ou pas, que cela lui plaise ou non !

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