Congo-Kinshasa: Accord FCC-Cach - L'Acaj relève le dysfonctionnement de l'appareil étatique

L'ONG appelle Félix Tshisekedi et Joseph Kabila à reconnaître l'impossibilité de maintien de leur coalition et d'en tirer les conséquences qui s'imposent, en vue de sortir le pays de la crise politique et institutionnelle latente, et permettre au quinquennat en cours de connaître un second souffle qui amorcerait l'amélioration des conditions de vie de la population.

Dans un rapport sur la gouvernance de la coalition Front commun pour le Congo (FCC)- Cap pour le changement (Cach) publié au mois de janvier en cours, une année après la prestation de serment du président Félix-Antoine Tshisekedi, l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) « proclame haut et fort » que la coalition entre ces deux forces politiques « n'augure point des lendemains enchanteurs pour la population congolaise », étant donné que les besoins essentiels de la population tardent à trouver des solutions adéquates par le fait que le gouvernement se trouve constamment paralysé par des antagonismes entre ses membres qui n'arrivent pas à développer des synergies aptes à offrir aux Congolais le bonheur tant recherché.

« On n'est pas loin de penser que l'alternance a consacré uniquement le rebattement des cartes au profit d'autres acteurs politiques tandis que les méthodes de gestion de la chose publique sont restées les mêmes que celles décriées hier par la population », a fait observer cette organisation, après avoir peint le tableau de la situation du pays depuis la prise du pouvoir par l'actuel chef de l'Etat, Félix Tshisekedi.

Prendre une décision responsable et courageuse

Se disant vivement préoccupée par « cette situation inacceptable » et après évaluation conséquente, l'Acaj, qui tire la sonnette d'alarme, en appelle au « sens de responsabilité des uns et des autres.» L'Acaj note, en effet, que la défiance d'une grande partie de la population à l'égard du gouvernement et des errements institutionnels constatés dans son fonctionnement est flagrante.

Dans cette optique, l'Acaj dit proposer que le président de la République, garant constitutionnel de la continuité de l'Etat, tire de tous ces dysfonctionnements les conséquences politiques et constitutionnelles qui s'imposent.

Cette association, qui considère, d'une part, que la composition de l'Assemblée nationale dont le gouvernement est le reflet doit à la fois représenter la pluralité et les attentes du peuple congolais et à la fois dégager une majorité claire pour assurer la stabilité du gouvernement et, d'autre part, de concilier le fonctionnement et l'action de ce dernier aux besoins du plus grand nombre, propose un recours ultime à l'arbitrage du peuple souverain bénéficiaire attitré de l'action gouvernementale.

En clair, dit-elle, si la crise perdure, l'Acaj en appelle au recours à l'application de l'article 148 de la Constitution relatif à la dissolution de l'Assemblée nationale. Au demeurant, soutient l'Acaj, le recours aux élections législatives anticipées s'impose.

Cette solution, note l'ONG, aurait pour vertus de doter le pays d'une autre majorité parlementaire laquelle serait issue d'un gouvernement stable et cohérent qui libérerait la gestion de l'Etat du carcan partisan, égoïste et ethno-tribal dans lequel l'emprisonne actuellement la coalition FCC-Cach.

Dans le cadre de cette décision responsable et courageuse, l'Acaj appelle le président de la République et son prédécesseur, parrains de ladite coalition, de constater et reconnaître l'impossibilité de maintien de la coalition actuelle qui s'avère antinomique par rapport aux aspirations profondes du peuple congolais.

Le chef de l'Etat est, par ailleurs, appelé à consulter toutes les forces vives de la nation, après la dissolution de l'Assemblée nationale, en vue de dégager un consensus national devant guider la gestion consensuelle du pays jusqu'à l'organisation de nouvelles élections législatives nationales.

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