Afrique: Handball | Finale de la 24e CAN | Ce soir - Tunisie - Égypte: Le jour le plus long

26 Janvier 2020

Face à un adversaire de gros calibre, les Aigles de Carthage viseront leur 11e sacre.

Ce 26 janvier 2020 n'est pas un jour comme les autres, non seulement pour les mordus de handball et le sport tunisien dans son ensemble, mais aussi pour tout un peuple qui a admirablement vibré avec les prouesses du sept national, oubliant du coup le marasme économique et le cirque politique qui continuent de ronger le pays.

Ce peuple patriote et bon enfant va, comme d'habitude, remplir la salle de Radès tout à l'heure pour porter aux nues ces Aigles de Carthage qui font sa joie et qui ne l'ont presque jamais déçu. D'ailleurs, l'engouement populaire pour la petite sphère est si extraordinaire que la finale de ce soir entre la Tunisie et l'Égypte se jouera à guichets fermés, assure -t-on dans les coulisses du comité d'organisation où les billets d'accès ont été épuisés depuis vendredi. Tout cela pour dire que Makram Missaoui et ses coéquipiers vont bénéficier du soutien de quelque 14 mille paires d'yeux. Voilà un atout extrêmement précieux qui devra donner des ailes aux nôtres et du tournis à leurs adversaires.

Ce sera du 50-50

Si nous avons insisté sur le côté spectaculaire de la finale, c'est tout simplement parce que le sept national n'a pas tous les atouts de son côté. Et là, nous parlerons technique. Répertoire où, faut-il avoir le courage de le reconnaître, notre sélection est, intrinsèquement, loin d'être supérieure à son homologue égyptienne.

En effet, celle-ci, outre ses vieilles traditions handballistiques qui ont fait d'elle une inépuisable école de formation, est constituée aujourd'hui d'une pléiade de stars montantes tout feu tout flamme et pétries d'immenses qualités techniques et physiques. Des gaillards comme Omar Yahia, Al Tayar Mohamed, Seif Addorra ,Akram Yosri, Khairy Ahmed et surtout l'insaisissable Mohamed Sanad, ont fait sensation, le printemps dernier, en remportant le championnat du monde junior, après avoir réussi, une année plus tôt, le retentissant exploit d'atteindre la finale du Mondial des cadets.

Désormais pros en Europe et bien encadrés par la vieille garde emmenée par Ali Zain, Ahmed Lahmar et Mohamed Mamdouh ces lionceaux ne manqueront pas , c'est sûr, de donner du fil à retordre à notre défense qui aura, de surcroît, affaire à des joueurs qu'elle ne connaît pas. Et c'est justement ce facteur qui inquiète le plus. Comment mater une telle «meute» ? Comment mettre en échec une stratégie tactique égyptienne basée sur la circulation rapide du ballon, les contres éclairs et meurtriers, la variété des combinaisons et permutations permettant de transpercer les défenses les plus hermétiques.

Le tout doublé d'une excellente condition physique et d'un tempérament de guerrier. Pour toutes ces raisons qui ne souffrent pas l'ombre d'un doute, il serait tout à fait absurde de se prêter au jeu des pronostics. Et pour être plus réalistes et sobres, optons pour le classique «50-50», sans pour autant écarter l'hypothèse de voir les petits détails faire la différence dans ce plus haut sommet du handball arabo-africain.

Y croire jusqu'au bout

Face à cette terrible armada venue des pyramides du Caire, on ne peut qu'émettre ces deux vœux :

1-voir nos représentants jouer les kamikazes, en faisant preuve de beaucoup de générosité dans l'effort, d'un excédent de grinta, tout en évitant de paniquer dans les innombrables moments difficiles qui les attendent. Gare donc à l'impatience, à l'affolement et à la distraction devant et derrière. Car, faut -il le souligner, les Pharaons ne pardonnent pas, ne pardonnent jamais.

2-Le sélectionneur, Toni Gerona, devra sortir un coaching sans faute. Lui qui a vu l'Egypte jouer tant au cours de cette CAN qu'à travers le visionnage à répétition des cassettes de ses matches. L'Espagnol n'aura donc pas à se dédouaner en cas d'échec. La balle est bel et bien dans son camp où il est appelé à penser et repenser ses choix, tout en... priant Dieu pour que deux ou trois joueurs «explosent» ce soir et fassent son bonheur, à l'instar de ce qui s'est passé, lors de la finale de la dernière CAN du Gabon, lorsqu'un certain Oussama Jaziri, très peu utilisé jusque-là, se demena soudain comme un beau diable pour aller, à la surprise générale, redresser une situation fort compromise et vaincre, à lui seul (souvenons-nous en )l'Egypte ! L'histoire sera -t-elle un éternel recommencement ? En ce jour le plus long, nous ne pouvons répondre que par un «Inchallah».

Sachez encore que

-Historiquement, la Tunisie détient le record des titres africains (10 contre 6 pour l'Egypte )

-18e finale pour les nôtres qui n'ont perdu à domicile qu'une seule des quatre finales. C'était en 1981 devant l'Algérie.

-La Tunisie a eu l'honneur d'avoir organisé la première édition de la CAN en 1974. Elle peut également se targuer d'avoir été le seul pays à prendre part à toutes les éditions (24).

-La finale de tout à l'heure sera très probablement dirigée par la paire arbitrale espagnole Garcia Ignacio-Marin Andreu.

Le programme

15h00 : Algérie -Angola (3e et 4e places )

16h00 : Tunisie -Égypte

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