Tunisie: Avoirs en devises - 112 jours d'importation, en attendant mieux !

26 Janvier 2020

Il ne faut surtout pas booster nos avoirs en devises par les crédits octroyés par les bailleurs de fonds étrangers mais compter sur les exportations, le tourisme et les investissements directs étrangers. Le tourisme a déjà contribué à améliorer nos avoirs en devises en attendant un sursaut des exportations et des IDE.

Les avoirs nets de la Tunisie en devises ont atteint au 24/01/2020 (chiffres provisiores) un montant de 19.630 MDT, soit 112 jours d'importation. On peut dire que la situation des devises commence à s'améliorer à la Banque centrale de Tunisie (BCT), ce qui va se répercuter sur la monnaie nationale qui sera consolidée en réduisant l'écart avec les principales devises, à savoir le dollar et l'euro. Mais comment est-on arrivé à ces résultats positifs? Les principaux secteurs qui drainent les devises sont, bien entendu, le tourisme qui atteint des records d'entrées et de nuitées au cours de cette année et les exportations de certains produits comme ceux de l'huile d'olive et de la pêche. La situation des devises ne peut être considérée comme définitivement améliorée qu'en pérennisant ces indicateurs positifs.

D'après les chiffres disponibles, le nombre total de touristes qui ont visité la Tunisie au 31 décembre 2019 s'élève à 9.429.049, soit une évolution de 13,6% par rapport à l'année précédente. C'est un nouveau record réalisé dans ce secteur qui doit se renouveler au cours de l'année en cours pour confirmer la reprise de ce secteur qui est pourvoyeur de devises. Le total des Européens arrivés est de 2.788.706, soit une évolution de 15,9%, alors que le total des Maghrébins est de 4.934.826, correspondant à une hausse de 15,5% dont 2.934.975 Algériens (+7,6), 1.956.060 Libyens (+31,1%) et 85.791 autres Maghrébins (+10,5%).

Pour un accroissement des exportations

Au niveau de la balance commerciale, la situation demeure préoccupante même si on a réalisé des progrès dans certains secteurs comme celui de l'huile d'olive. Au cours de l'année 2019, les échanges commerciaux de la Tunisie avec l'extérieur ont enregistré en volume (prix constant) une baisse à l'export de l'ordre de 5,0% et à l'import de l'ordre de 9,0% par rapport à la même période de l'année 2018. Au niveau des prix, ceux-ci ont augmenté respectivement de 12,6% pour les exportations et de 15,8% pour les importations.

Il faut dire que la palette des produits exportés par la Tunisie est plutôt limitée. D'où la nécessité de diversifier les produits ainsi que les destinations d'autant plus que l'Union européenne demeure notre principal client. Encore faut-il que cet espace soit bien exploité, car il existe encore plusieurs débouchés qui ne sont pas encore bien exploités. Sans oublier le marché africain dont on a beaucoup parlé mais qui n'est pas encore valorisé. Nombreux pays de l'Afrique subsaharienne ont réalisé un taux de croissance à deux chiffres et qui sont intéressés par l'achat de produits de consommation divers provenant des pays comme la Tunisie. Les pays lointains comme ceux de l'Amérique et de l'Asie peuvent également être ciblés par les exportateurs tunisiens qui ont tout à gagner en vendant pour des clients résidant dans ces contrées.

Il est nécessaire avant d'entamer une opération de grande envergure pour exporter vers ces pays de bien préparer la logistique et les moyens de transport aériens et maritimes pour transporter les marchandises à temps en grandes quantités. En fait, tout l'écosystème doit être mis à niveau pour réussir ce pari en commençant par le système de production jusqu'à l'emballage et l'embarquement.

Où sont les investisseurs ?

Les investissements directs étrangers sont également importants dans la consolidation de nos devises dans la mesure où les détenteurs de capitaux en devises peuvent investir dans la création de nouveaux projets en faisant travailler la main-d'œuvre tunisienne et en drainant une enveloppe de devises. Les paiements au titre des transferts des revenus des investissements étrangers ont diminué de 7,7% pour se situer à 1.350 MDT durant les neuf premiers mois de 2019, selon les indicateurs de la BCT.

L'excédent de la balance des investissements étrangers s'est affermi, par rapport à la même période de 2018, de 347 MDT pour atteindre 1.878 MDT, suite principalement à la hausse des flux des investissements directs étrangers de 9,4%, au cours des neuf premiers mois de 2019, pour s'élever à 1.902 MDT, évolution qui a concerné, en particulier, le secteur des industries manufacturières (+36,9%) alors que le secteur de l'énergie a quasi-stagné (-0,2%). De son côté, la balance des investissements de portefeuille s'est redressée enregistrant un excédent de 60 MDT (contre -104 MDT une année auparavant).

A préciser que des crédits ont été contractés par la Tunisie pour subvenir aux besoins du budget et qui sont débloqués en devises. Celles-ci ne doivent pas être prises en compte dans la consolidation de nos devises pour ne pas booster artificiellement nos avoirs. Mais les moteurs de la croissance doivent provenir de trois secteurs essentiels, à savoir le tourisme, les exportations et les investissements étrangers. La rationalisation des importations a été également pour quelque chose dans l'amélioration des résultats des échanges commerciaux

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: La Presse

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.