Ile Maurice: Success story - Le fabuleux parcours de celui qui ne savait pas lire...

La bonne humeur se lit sur son visage. Jonathan Arsène, 31 ans, repense à son parcours, non sans fierté. Sourire en coin, il raconte avoir «grandi à une époque où l'endroit où je vivais était considéré comme un 'lieu où il ne faut pas traîner' et où les problèmes socioéconomiques étaient légion».

La maison qu'il occupait avec sa maman est remplie de souvenirs. Il y a passé son enfance, avec ses trois frères et sœurs. Sa maman travaillait dans une usine le jour, était garde-malade la nuit, pour joindre les deux bouts. «Mo papa ti sarpentié mé li ti enn toxicomane.»Enfant, il voit et entend beaucoup de choses. La pauvreté lui colle à la peau et malgré les efforts de sa maman, il reste sur le banc de touche. «À l'école primaire, j'étais un petit brigand et je ne savais ni lire ni écrire. Toutefois, avec la promotion automatique, je passais dans la classe supérieure à chaque fois. Au CPE, j'ai eu des 'F' dans tous les sujets... »Mais la déception de sa maman le pousse à réfléchir «Mo mama dir mwa to pa ti kapav fer enn zefor to amenn omwin 'E' pou mwa ? Sa inn mark mwa ek kan monn repeat mo CPE, enn professer ti aksepté donn mwa léson gratis apré lekol. Limem premié dimounn apart mo mama kinn krwar dan mwa... »

De fil en aiguille, avec l'aide d'autres Bons Samaritains, il parvient à décrocher son certifcat d'éducation primaire. «Les résultats n'étaient pas fameux mais j'ai ressenti une fierté. Ma maman était contente de mes 'D' et de mes 'E'. Moi qui ne savais ni lire ni écrire à 11 ans... »En Form I et Form II, malgré ses mauvaises notes, on le laisse monter. Mais il doit redoubler la Form III. «Le directeur m'a fait comprendre que je devais fournir des efforts ou alors quitter le collège. Je me suis repris en main, pour moi, pour ma maman.»

Jonathan, redouble également la Form IV puis, l'année suivante, décroche un SC. «Je n'ai obtenu qu'un seul credit mais je l'ai fait. Alors que tout le monde pensait que j'allais arrêter l'école plus tôt.» Déterminé, Jonathan commence à prendre des cours tout en aidant les nécessiteux dans un centre communautaire. «J'ai compris que je voulais aider les gens. J'avais le social dans la peau.»Grâce à l'aide de sponsors, il parvient à suivre d'autres cours dans une université privée, à obtenir l'équivalent d'un HSC mais aussi un diplôme en Community Services Work. «Depuis, ma vie a changé. Je suis devenu le pilier de ma famille. Je suis tellement content en voyant le sourire de ma maman aujourd'hui... »À ce jour, Jonathan occupe le poste d'assistant au sein de la CSR Foundation de Médine Orizons. S'il arrive à parler de son histoire aussi ouvertement, c'est parce qu'il a eu «des gens qui ont cru en [moi]. Je souhaite que tous ces jeunes qui sont tristes de ne pas pouvoir monter en Grade 12 s'inspirent de mon parcours comme ceux qui m'ont inspiré avant, pour aller de l'avant»...

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