Congo-Kinshasa: Félix Tshisekedi passe à la vitesse supérieure - La DGM stoppe Shadary et Cishambo à l'aéroport de N'djili !

«Il y a un temps pour tout», proclament les Saintes Ecritures. En RDC, le temps de la complaisance semble être définitivement révolu et fait désormais place à celui de la fermeté. La Porte-parole adjointe du Président Félix Tshisekedi a prévenu que celui-ci vient de passer à la vitesse supérieure. «Le Président de la République a réitéré sa position selon laquelle il ne laissera personne entraver, par diverses manœuvres, la concrétisation de l'aspiration du peuple congolais au changement. Il a indiqué qu'il n'hésitera donc pas à prendre ses responsabilités, dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles, en cas d'obstruction de son action, d'où qu'elle vienne, si on l'y poussait».

Ce ton ferme est extrait du compte-rendu du dernier Conseil des Ministres, le 18ème du genre. A la Direction Générale de Migration (DGM), cette volonté de changement se concrétise, au jour le jour. Car, dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 janvier 2020, deux dignitaires du régime passé et hauts cadres de l'ex-parti présidentiel (PPRD), en l'occurrence, Emmanuel Ramazani Shadary et Marcellin Cishambo sont tombés dans les filets des agents de la DGM commis à la surveillance de l'aéroport international de N'djili, un poste frontalier stratégique. Autre temps, autres mœurs, dit-on.

Selon des sources concordantes relayées par le site Scooprdc.net, Shadary et Cishambo ont été débarqués de l'avion, un vol de la compagnie Kenya Airways, qui devait les conduire à Bujumbura, capitale du Burundi, pour prendre part à une manifestation du parti présidentiel de ce pays, allié au PPRD.

Pourquoi a-t-on barré la route à ces deux personnalités ?

La fraude, semble-t-il, serait la raison principale de cet empêchement de voyager. Information aussi confirmée par le Secrétaire Général de l'UDPS, Augustin Kabuya, qui, après avoir contacté la DGM, l'a divulguée au cours de sa dernière matinée politique sur la 11ème Rue Limete.

A ce poste frontalier aéroportuaire, Emmanuel Shadary et Marcellin Cishambo ont exhibé deux anciens passeports diplomatiques, l'un comme Vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur et Sécurité, et l'autre, comme Gouverneur de la province du Sud-Kivu. Deux documents totalement dépassés, et deux postes qu'ils ont déjà quittés. Seul rescapé, François Nzekuye, Député national qui détenait un passeport diplomatique encore valable. Ce dernier a été autorisé à prendre place à bord de l'avion en partance pour le Burundi, confirme la DGM.

Il sied de noter que ce n'est nullement pour des raisons politiques que ces deux hauts cadres du PPRD ont été débarqués du vol de Kenya Airways. Car, beaucoup ont encore frais dans la mémoire, une vidéo interceptée dernièrement sur les réseaux sociaux, où l'on voyait le même Emmanuel Shadary, Secrétaire permanent du PPRD et candidat malheureux à la Présidentielle de 2018, face à un groupe de femmes de ce parti politique dont Jeanine Mabunda (Présidente de l'Assemblée Nationale), en train de déclarer ce qui suit : «Nous leur [CACH] cédons la GECAMINES et la SNCC (deux entreprises publiques).

Mais, s'ils osent toucher à Albert Yuma (PCA de la GECAMINES), nous allons donner un mot d'ordre pour paralyser le pays. Ces propos rocambolesques qui ont soulevé des vagues ne sont liés ni de loin, ni de près à l'acte de bravoure que viennent de poser les agents de la DGM. Rien à politiser. C'est tout simplement le changement des mentalités en action.

Les personnalités officielles appelées à se soumettre aux formalités d'usage

«Nous devons changer et incarner le changement partout où nous sommes pour que le pays évolue. Aussi petit que soit l'impact de l'action que vous pouvez prendre, elle reste importante pour atteindre l'objectif : «Le Changement».

A ceux qui sont responsables de la gestion des affaires publiques, le premier signe visible du changement serait votre comportement ainsi que votre compétence dans la gestion de la mission qui vous est confiée par le Peuple Congolais. Nous sommes au service exclusif des Congolaises et des Congolais. Sachons désormais, travailler pour le changement de notre pays.», dixit le Chef de l'Etat.

D'ailleurs, Félix Tshisekedi, tout Président de la République qu'il est, s'était pointé, pour les formalités d'usage, au poste de contrôle de la DGM à l'aéroport international de N'djili, comme le montre la photo d'illustration, quand il devait prendre place à bord d'un régulier de la compagnie nationale, Congo Airways. Histoire de prêcher par le bon exemple. Mais, alors, pourquoi certains autres officiels ne lui emboîtent-ils pas le pas ? Pourquoi refusent-ils de se présenter à la DGM pour les formalités ? Nul ne doit être au-dessus de la loi car, autrement, c'est la jungle.

Ce n'est pas pour rien que le Chef de l'Etat a rappelé à ceux qui sont responsables des affaires publiques que le premier signe visible du changement serait leur comportement. Avec fermeté, il vient de les prévenir qu'il ne laissera personne entraver, par diverses manœuvres, l'aspiration du peuple congolais au changement. Halte donc au trafic d'influence, au clientélisme, au népotisme, à la corruption et autres antivaleurs qui freinent l'action du Président de la République. Aussi, toutes les autorités du pays sont-elles appelées à se conformer aux formalités d'usage dans les différents postes frontaliers aéroportuaires, portuaires et terrestres. La DGM ne fait qu'accomplir la mission lui assignée.

Regard sur l'An I de Roland Kashwantale à la tête de la DGM

Dans son discours-fleuve sur l'état de la nation prononcé au Palais du Peuple, le Chef de l'Etat n'avait-il pas déclaré : «A mon arrivée au pouvoir, j'ai instruit la Direction Générale de Migration (DGM) pour que tous nos compatriotes qui ont acquis une nationalité étrangère puissent revenir librement au pays et obtenir le visa aux postes frontaliers... » ?

Pour rappel, Félix Tshisekedi a été investi comme 5ème Président de la République démocratique du Congo le 24 janvier 2019. Quelques jours après, soit le 2 février, il a jeté son dévolu sur Roland Kashwantale Chihoza en élevant ce «fils-maison» au rang de Directeur Général de la DGM, pour l'humanisation de la chancellerie et sa professionnalisation.

Douze mois après, le changement est perceptible par tous ceux qui ont l'habitude de fréquenter les postes frontaliers de la République. L'une des grandes innovations de l'heure reste la facilitation des formalités de visas en faveur des Congolais ayant acquis une nationalité étrangère. Conformément à la volonté du Président de la République, ils peuvent se faire délivrer un visa d'entrée d'au moins 30 jours, à l'aéroport international de N'djili ou n'importe quel poste frontalier aéroportuaire, portuaire ou terrestre, moyennant une caution de nonante ou quatre-vingt-dix dollars américains. C'est la mesure phare saluée par les Congolais de la diaspora.

En revanche, s'agissant des visas d'établissement en faveur des expatriés, Roland Kashwantale est engagé dans la phase de la remise en ordre. Il est question de mettre fin, depuis presqu'un an, à la distribution des visas d'établissement comme des cacahuètes. L'époque où un étranger pouvait obtenir son visa d'établissement en l'espace de 24 heures, grâce au concours des réseaux le plus souvent maffieux, est révolue. Désormais, tout expatrié candidat à un séjour prolongé en RDC doit disposer d'un compte dans une banque locale et de sa propre résidence. La pratique de la «colocation» ou cohabitation est caractérisée par le partage d'une même résidence par un «clan» d'expatriés, est prohibée. Il en est de même de celle d'étrangers porteurs de mallettes bourrées d'argent sale, destiné à être blanchi en territoire congolais.

La porosité des frontières reste le tendon d'Achille de la RDC. Au niveau de la hiérarchie de la DGM, on imagine, entre autres remèdes, l'augmentation des effectifs, leur professionnalisation par un recrutement élitiste et leur motivation avec des salaires décents et des primes conséquentes, l'introduction de nouvelles technologies dans la surveillance des frontières, à l'image de la technologie de pointe mise en place par François Beya, actuel Conseiller spécial du Chef de l'Etat en matière de sécurité, prédécesseur de Kashwantale au poste de Directeur Général, la sensibilisation d'autres services spéciaux (ANR, Police, FARDC) aux impératifs de la sécurité et de la défense nationale, etc. La corruption est ciblée comme la gangrène à éliminer en urgence.

L'échantillon des postes d'entrée les plus sollicités par les étrangers sont l'aéroport de N'djili et le Beach de la SCTP (Beach Ngobila) à Kinshasa, Lufu au Kongo Central, l'aéroport de la Luano et le port sec de Kasumbalesa dans le Grand Katanga, Ruzizi I et II au Sud-Kivu, Aru en Ituri, l'aéroport de Goma, la Petite et la Grande Barrière de Goma, Kasindi au Nord-Kivu, Zongo au Sud-Ubangi, etc. Malgré tout, les choses changent positivement dans ces différents postes frontaliers surveillés et contrôlés par la DGM.

Ainsi donc, au moment où le Président de la République passe à la vitesse supérieure (2020, Année de l'Action), l'on peut affirmer, sans être contredit, que le bilan de l'An I du DG Kashwantale à la DGM est largement positif.

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