Ile Maurice: Déclaration ethnique - L'Etat face aux Nations unies en mars

Décision attendue du Human Rights Committee (HRC) sur la plainte de Rezistans ek Alternativ qui proteste contre l'obligation faite aux candidats aux élections de déclarer leur appartenance ethnique.

Plusieurs membres de ce parti n'avaient pas pu s'inscrire car ils avaient refusé ce procédé lors des dernières élections. D'ici le 27 mars, ce comité devrait passer en revue les mesures prises par l'Etat mauricien afin qu'il respecte son engagement au terme de l'article 25(b) de l'International Covenant on Civil and Political Rights.Déjà, dans ses premiers arguments, l'Etat mauricien a souligné qu'en 2014, il y avait eu un mini amendement suivant les recommandations du HRC. Ils étaient plusieurs à avoir alors pu se porter candidats. «Mais en 2019, Pravind Jugnauth a violé le droit acquis des citoyens dont les candidatures ont été rejetées», relève Ashok Subron, dirigeant de Rezistans ek Alternativ.

L'Etat, lui, fait valoir que le 4 décembre 2018, le gouvernement Jugnauth avait présenté le Constitutional (Amendment) Bill en vue de la réforme électorale. Ce qui aurait eu pour conséquence l'annulation de l'obligation faite aux candidats de déclarer leur appartenance ethnique. Cela, et substituant le Best Loser System à une autre formule. Mais ce projet de loi n'a pas obtenu la majorité des trois quarts à l'assemblée nationale.De facto, les candidats devaient donc respecter les provisions de la constitution et des National Assembly Regulations qui insistent sur la déclaration d'appartenance ethnique. Dans ses arguments, l'Etat affirme toutefois qu'il est plus que jamais engagé à prendre les mesures qu'il faut afin de venir à bout de cette obligation.

Mais que se passera-t-il à l'issue de cette audition prévue en mars ? Car cette décision des Nations unies qui sera rendue publique n'a pas force de loi. «L'État mauricien utilise l'advisory opinion sur les Chagos pour forcer les Britanniques à quitter l'archipel. En même temps le gouvernement de Pravind Jugnauth fait fi des recommandations du HRC. Le PM doit savoir ce qu'il veut, il ne peut pas demander aux Britanniques de quitter les Chagos en respectant la décision de la Cour internationale de justice tout en violant la décision du HRC. J'espère que Pravind Jugnauth ne veut pas faire de Maurice une rogue nation», commente Ashok Subron.

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