Afrique Centrale: A quand la réforme du franc CFA?

Sur les traces des pays de l'Afrique de l'Ouest, les pays de l'Afrique centrale doivent également procéder à la réforme du franc CFA. Ils étudient donc les modalités de réforme et les étapes nécessaires.

Les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac : Cameroun, Congo, gabon, Guinée équatoriale, Centrafrique et Tchad) envisagent à leur tour de renoncer au franc CFA, une monnaie héritée de la colonisation. A en croire le président de la commission de la Cémac, Daniel Ona Ondo, "les lignes du débat sur l'avenir du franc CFA ont bougé,[...] . Les premiers décideurs, sans la moindre ambiguïté, ont indiqué la voie, et l'urgence à la Commission de la Cémac et à la Banque centrale d'approfondir la réflexion afin de leur permettre de décider des modalités de ladite réforme". Les chefs d'État de la Cémac souhaitent faire évoluer leur monnaie. De plus, il a précisé que "notre partenaire la France est disposée à une réforme ambitieuse du franc CFA".

Le dépôt des pays d'Afrique centrale au compte du Trésor français serait de "2 milliards d'euros au maximum" . Ces pays doivent demander à la France de suspendre des accords et effectuer les reformes par étape. Le projet de l'Afrique de l'Ouest, "a abouti après plus de 23 ans de travail et de négociation", a-t-il rappelé. Puis, il faut souligner que le projet commun avec les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale - n'est pas très avancé. Toutefois il serait temps pour mettre en place une réforme monétaire.

Pour le Pr Chicot Eboué, agrégé des sciences economiques et enseignant à Nancy, cette réforme passe par trois étapes. La première, c'est la suspension des accords avec la France pour le retour des réserves en Afrique centrale pour leur utilisation en toute indépendance. Ce qui pourrait prendre cinq ans, selon lui, la deuxième étape, c'est le nom de la monnaie, qui "devrait être territorialisé, c'est-à-dire, évocateur pour les populations de la région; et la troisième, c'est d'envisager "une nouvelle parité". Il note cependant que la question de la parité reste sensible. Il préconise que "nous devons entrer dans l'ère d'une monnaie favorable à la production en vue des exportations et nous avons le marché mondial pour désormais rechercher notre enrichissement à partir de ce que nous produisons".

La nouvelle parité devrait donc être favorable à la compétitivité des prix des producteurs et des exportateurs des pays de la CEEAC, puis envisager une gestion intelligente fondée sur deux principes. "Chaque nouvelle unité de la nouvelle monnaie émise doit être gagée sur des devises". C'est-à-dire que les devises devront être diversifiées (dollar, euro, yuan, roupie, livre sterling, franc suisse, eco, rand sud-africain) "à 20% à peu près", a déclaré le Pr Chicot Eboué.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.