Burkina Faso: Rapport 2018 de la Cour des comptes - Plus de 44 milliards de F CFA de chèques impayés

27 Janvier 2020

Dans la matinée du 24 janvier 2020, s'est tenu à Ouagadougou, un déjeuner de presse, organisé par la Cour des comptes du Burkina Faso. Cette conférence de presse a été initiée par la Cour pour porter à l'endroit des citoyens et des observateurs de la bonne gouvernance économique, le contenu de son rapport public 2018. L'Objectif de ce rapport est de contribuer à la réalisation de la vision, des missions, des valeurs et principes de la Cour des comptes.

A l'image des autres corps de contrôle, la Cour des comptes a sacrifié à la tradition de la rédaction de son rapport public annuel. Cette édition 2018 du rapport, porte sur le contrôle des opérations de l'Etat, des collectivités territoriales et des entreprises publiques.

Au cours de ce rendez-vous avec les Hommes de médias, le 24 janvier 2020, cette institution supérieure de contrôle des finances publiques a déclaré, au titre de l'exécution des lois de finances, gestion 2016, la conformité entre le compte de l'ordonnateur et ceux des comptables principaux de l'Etat. « Sous réserve de l'apurement ultérieur des comptes de gestion de ces derniers », précise Jean Emile Somda, 1er président de la Cour des comptes.

Et d'être, on ne peut plus clair : « la déclaration générale de conformité au titre de l'exécution des lois de finances n'a absolument rien à voir avec un blanc seing ».

Pour lui, cette même conformité déclarée pour la gestion du budget 2015 au temps du Premier ministre Isaac Zida, avait suscité des réactions et commentaires auxquels la Cour n'a pas voulu répondre.

« C'est après l'apurement des comptes qu'on peut véritablement dire qu'une gestion a été saine ». C'est pour atteindre cet objectif d'apurement des comptes de gestion que la Cour, dans le cadre d'un projet, veut juger 285 comptes. Et ce, d'ici à avril 2021.

Pour Jean Emile Somda, il existe des comptes de gestion des années 60 qui n'ont toujours pas été apurés. « Nous allons peut- être juger les comptes de gestion les plus récents, surtout ceux qui existent depuis que la Cour a réellement commencé à travailler, c'est-à-dire en 2002 ».

A travers une loi d'habilitation qui a été votée, le ministère en charge de l'économie a entamé des actions en vue de cet apurement mais « nous allons vérifier cette phase d'apurement du MINEFID car les arrêtés pris à cet effet ne nous engagent pas », confie le 1er président de la Cour.

Une question qui a aussi retenu l'attention des journalistes, est celle qui a trait aux chèques impayés. Dans ce rapport 2018 de la Cour des comptes, il ressort qu'il y a une baisse assez importante des chèques impayés au cours de l'année 2016.

Cependant, « le portefeuille des chèques rejetés reste toujours élevé avec 44 752 131 418 de F CFA », révèle Jean Emile Somda. La Cour recommande donc au MINEFID de poursuivre les efforts pour enrayer les chèques rejetés dans le processus de recouvrement des recettes publiques.

« Il faudrait que les journalistes interpellent aussi l'Assemblée nationale sur la question des chèques rejetés », demande Christophe Compaoré, Procureur général près la Cour des comptes.

A cette conférence de presse, il est ressorti que les procédures au niveau de la Cour sont longues et contradictoires. Les effectifs insuffisants avec à la clé un budget aussi insuffisant sont, entre autres, les raisons qui justifieraient le retard dans la publication des rapports publics, selon la Cour.

Le nombre élevé d'organes de contrôle n'a pas échappé à la loupe des Hommes de médias qui sont revenus sur la nécessité de garder à la fois la Cour des comptes et l'ASCE/LC.

Pour les conférenciers, à l'image de Christophe Compaoré, procureur général près la Cour des comptes, l'ASCE/LC fait un contrôle a priori ainsi que des constats, tandis que la Cour fait des contrôles juridictionnels.

« S'il y a une conjugaison des efforts, on pourra déchirer le voile de l'impunité », ajoute-il. Et le 1er président de la Cour de préciser : « la Cour prononce des condamnations à l'amende, déclare et apure les gestions de fait et sanctionne les fautes de gestion ». Cependant, « la Cour n'est pas une juridiction pénale. Elle n'a pas pour vocation d'emprisonner ses justiciables », martèle-t-il.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.