Ile Maurice: Le mécanisme du prix des légumes expliqué

Les pluies qui ont arrosé le pays ces dernières semaines ont eu une conséquence directe: une hausse généralisée du prix des légumes. Comment arrive-t-on aux nouveaux tarifs? Quelles sont les différentes étapes auxquelles sont soumis ces aliments? Nous faisons le tour de la question.

Kreepalloo Sunghoon, de l'Association des petits planteurs, explique que 70 % des planteurs vendent leurs légumes à l'encan soit à Port-Louis, à Vacoas ou à Flacq. Les légumes sont vendus en gros par l'encanteur et sont par la suite revendus au marché.«Lors de la vente aux enchères, le revendeur dont l'offre est la plus élevée achète la marchandise. Par exemple, une caisse de pommes d'amour peut varier entre Rs 1 000 et Rs 1 200. L'encanteur prend une commission d'environ 8 à 12 % et donne la différence au planteur. Tout dépend de la négociation entre lui et le planteur», signale-t-il.

Kreepalloo Sunghoon ajoute que par la suite le revendeur vend les légumes à un prix que le consommateur acceptera de payer et dépendant aussi des différentes dépenses. «Si le giraumon est acheté à Rs 10 la livre à l'encan, il sera revendu à Rs 15 ou à Rs 17 au marché. Car, si un marchand achète 500 livres de giraumon, il peut en perdre 150 livres.» Comment? «Il est possible qu'une partie soit abimée. Et finalement en raison de la perte, une livre de giraumon, à l'encan, lui aura coûté Rs 13.» Donc, hormis les coûts de transport, le marchand doit compenser les pertes.Les 30 % de planteurs restants vendent leurs produits directement au marché ou développent des contacts avec les revendeurs ou les grandes surfaces. Ce sont les petits planteurs ayant peut-être un demi-arpent de terrain, dit Kreepalloo Sunghoon, qui vendent leurs produits directement au marché en se basant sur le prix des autres marchands.

Frais de transport

Prakash Dawlut, planteur d'aubergine, de piment et de giraumon, entre autres, indique que des camionneurs viennent prendre les légumes pour être vendus à l'encan. Et il obtient son argent le lendemain. Il fait remarquer que si une livre d'aubergine est vendue à Rs 35 à l'encan, le marchand la revendra à environ Rs 60. Si le piment est vendu à Rs 40 la livre à l'encan, il sera revendu à Rs 50 ou Rs 60. Le prix dépend également de la qualité du produit, souligne-t-il.Quant à Jeewan Rampall, planteur, dont la plupart des légumes sont vendus à l'encan à Vacoas, il précise qu'il y a des frais de transport. Par exemple le trajet de La Marie à Vacoas peut coûter dans les Rs 400. «Étant au marché, les revendeurs ont des frais d'emplacement à payer. Il faut aussi qu'ils aient leurs profits», déclare-t-il.

Un forum de sensibilisation pour planteurs

La culture de légumes a été l'occasion d'en parler lors du National Seed Forum qui a démarré aujourd'hui. Cet événement, organisé par le ministère de l'Agro-industrie, s'adresse aux planteurs. Le «Seed Sector» du ministère de l'Agro-industrie, qui existe depuis plusieurs années, souhaite offrir un meilleur service aux agriculteurs.

Le prix de ces précieuses graines varie, dépendant des légumes. Comptez au moins Rs 15 comme prix de départ. Cependant, cette initiative est loin de rassurer ceux engagés dans la production de graines de légumes. Interrogés, plusieurs se disent sceptiques et attendent de voir les retombées du forum.Par ailleurs, un consultant de l'International Fund for Agricultural Development (IFAD) est à Maurice en ce moment. Il a pour mission de remettre un rapport au ministère sur une «Seeds Policy».

Plus de: L'Express

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