Cameroun: Victoire à la CAN 1988 - Le goût de la gagne

Le deuxième triomphe des Lions indomptables à la Coupe d'Afrique de Nations a été accueilli par une immense joie.

L'enjeu de la finale Cameroun-Nigeria de la CAN 1988, qui s'est jouée le 27 mars au Maroc, commandait de suivre attentivement la radio ou la télévision pour connaître le déroulement de cette rencontre décisive. A Yaoundé, la capitale, seuls les bars dotés d'un téléviseur ont accueilli de nombreux clients, plus préoccupés par le match que par la boisson. Un soutien populaire récompensé lorsqu'Emmanuel Kundé a concrétisé un penalty à la 55e mn, donnant ainsi l'avantage aux Lions indomptables. Ce sera d'ailleurs le seul but de cette finale.

Mais à Yaoundé comme à Douala et dans les autres villes du pays, les Camerounais sont demeurés prudents. Lorsque l'arbitre central a sifflé la fin de la rencontre, ce fut l'explosion de joie au sein des familles et dans les bars. Tandis que les villes camerounaises étaient presque dé- sertes durant la rencontre, Yaoundé a subitement repris vie à l'issue du match. Des chauffeurs de taxis offraient joyeusement leurs services aux usagers. Des coups de klaxons aigus déchiraient constamment l'air. Dans un quartier de Yaoundé, quelques jeunes gens se sont emparés des tonneaux vides qu'ils ont convertis en instruments de musique.

Au son de ces tambours de fortune, une foule impressionnante s'est mobilisée et a passé une bonne partie de la nuit à danser en scandant les mérites des Lions indomptables. Chacun y allant de son pas. Dans les bars et les gargotes, la fête a été vécue avec beaucoup plus d'enthousiasme. Pressentant la victoire de la sélection nationale, certains gérants s'étaient approvisionnés en boissons la veille. La victoire des Lions leur a donné raison puisque la bière a coulé toute la nuit. Il faut pourtant dire que l'ambiance n'était pas des plus sereines avant le début de la compétition.

Le Cameroun restait sur une qualification manquée pour le Mondial 1986 et surtout sur cette finale perdue à la CAN 1986 contre l'Egypte. Thomas Nkono n'avait pas pu se rendre au Maroc face au refus de son club de le libérer. Claude Le Roy, le sélectionneur, n'était pas forcément en odeur de sainteté dans l'opinion. D'ailleurs, durant le tournoi, des rumeurs de départ ont circulé, l'obligeant à s'expliquer. C'est dire donc que certains étaient sceptiques quant aux chances des Lions indomptables. Mais l'histoire leur a donné tort. Le ton de ce palmarès avait été donné par la brillante élection de notre compatriote Issa Hayatou à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF).

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