Congo-Kinshasa: Samy Badibanga - « La dissolution de l'Assemblée Nationale n'est pas à l'ordre du jour !»

Après une semaine de remous politiques qui ont failli faire voler en éclats la coalition FCC-CACH, des voix s'élèvent pour inviter tous les va-t'en guerre de tous bords à privilégier la mise en chantier les immenses défis des réformes qui attendent le gouvernement, et la concrétisation du changement au-delà des slogans et autres discours démagogiques.

Dans un tweet largement relayé dans les médias, Samy Badibanga, Premier Vice-Président du Sénat salue l'alternance politique pacifique intervenue, le 24 janvier 2019 et dont on vient de souffler la première bougie. Il invite, par la même occasion, le peuple congolais et ses dirigeants à en préserver les acquis. L'ancien Premier Ministre répète que la dissolution de l'Assemblée nationale, quoique figurant parmi les prérogatives du Chef de l'Etat, n'est pas à l'ordre du jour dans l'état actuel des choses.

«Le sens de la mesure, de la retenue et des équilibres s'impose pour avancer dans la même direction », écrit l'Autorité morale des Progressistes sur son compte tweeter. En dépit des convulsions dans lesquelles se débat la classe politique et la paralysie dans la marche des affaires publiques, il s'impose d'inscrire dans la durée, la nécessaire dynamique de transformation de la société congolaise, longtemps sevrée de son aspiration au changement.

Dans son message de vœux de nouvel an, publié deux semaines avant la levée des boucliers consécutive à la déclaration du Chef de l'Etat à Londres, le 19 janvier et dans lequel il appelait à une « coalition politique solidaire et non de façade, qui n'entre pas dans les jeux d'une cohabitation qui ne dit pas son nom », Samy Badibanga se montrait déjà prémonitoire quand il notait que « [les défis] sont immenses et exigent une volonté politique forte, au niveau des espoirs et attentes légitimes des citoyens. Que les acteurs politiques se le tiennent pour dit : le temps est à la réalisation du changement et non, aux ambitions personnelles ou partisanes».

Le climat délétère dans lequel semblent se complaire les alliés de la coalition FCC-CACH dans des débats interminables autour du sexe des anges, Samy Badibanga mettait en évidence dans son message, le défi des réformes profondes qui attendent le gouvernement en 2020, au-delà de la crise humanitaire et de l'insécurité.

«Il s'agit de rendre le commerce accessible à tous, la fiscalité lisible et incitative à l'investissement. Il s'agit de multiplier les ressources publiques pour mener la guerre contre la pauvreté. Il s'agit d'assurer la transparence des affaires publiques par le vote d'une loi anti-corruption qui donne à la République, les moyens légaux et humains d'y mettre réellement fin».

Il va de soi que l'accomplissement de telles réformes n'a de chance d'aboutir qu'à la condition justement que les uns et autres fassent montre du sens de la mesure, de la retenue et du discernement des équilibres.

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