Madagascar: Espèces en danger d'extinction - La mise en place d'une banque génétique est nécessaire

Le pays ne disposerait plus que de quatre ans pour sauver ce qui lui reste comme richesses naturelles. La conservation de la biodiversité s'inscrit dans le processus de développement de beaucoup de pays dans le monde. La situation est tout autre dans la Grande Île. La richesse de notre de biodiversité est devenue problématique.

La conservation de la biodiversité représente un important enjeu économique, environnemental, politique et social. Avec les diverses pertes enregistrées, Madagascar risquerait « gros », d'après les acteurs pour la sauvegarde de l'environnement. Si de tout bord la nécessité de renforcer les actions de conservation est clamée, d'autres acteurs orientent plus la réflexion sur « la valorisation de la conservation ». C'est dans cet esprit que le Professeur Jonah Ratsimbazafy soutient l'idée de la « mise en place d'un musée manara-penitra, servant de banque génétique pour tous les patrimoines en danger d'extinction »

. En plus d'être un lieu d'observation de toutes les espèces endémiques de Madagascar, le musée en question permettrait au pays de « disposer de patrimoines génétiques de ses richesses naturelles ». « Nous ne serons plus contraints d'aller à Londres ou dans d'autres pays pour observer les fossiles des ammonites ayant vécu à Madagascar », avance le primatologue. Une telle entreprise conduirait toutefois à différentes réformes. Celle relative à la mise en place d'un mécanisme d'autofinancement de la conservation nationale a été soulevée par le Pr Jonah Ratsimbazafy. Ce dernier d'avancer : « Il est temps pour Madagascar de disposer d'un fonds pour la conservation. Celui-ci pourrait être alimenté par les divers droits d'entrée dans les parcs, aires protégées ou encore les musées de type banque de patrimoine ».

Ainsi, l'existence de ce fonds éviterait au pays de quémander auprès des diverses institutions de financement vert, mais serait surtout la manifestation de l'engagement de l'Etat à faire de la conservation de ce qui lui reste comme richesses naturelles une priorité des priorités.

Impératif. « Tant que la biodiversité ne sera pas valorisée, elle aura du mal à être conservée ». Propos du Pr Jonah Ratsimbazafy qui souligne la nécessité pour le pays de revoir sa stratégie et ses plans de sauvegarde de l'environnement. Selon toujours notre interlocuteur : « Les décideurs qui se sont succédé n'ont pas toujours pris en compte l'aspect valorisation de la conservation ». Une approche qui implique une vision systémique des choses si l'on s'en tient aux explications du primatologue. « Nous savons tous que des milliers de touristes étrangers viennent à Madagascar pour observer les espèces endémiques malgaches dans leurs milieux naturels. Le tourisme vit grâce à notre biodiversité. Et le secteur fait rentrer beaucoup de devises pour le pays », note le Pr Jonah Ratsimbazafy avant de poser des questions sur la redevabilité des secteurs envers l'environnement. « Est-ce que le secteur du tourisme - en faisant également fonctionner le transport, la restauration et l'hôtellerie - participe aux initiatives de conservation des biodiversités ? ».

Profitant de l'entretien, notre interlocuteur a également attiré l'attention sur l'aspect création d'emplois de la conservation. Ce, via la promotion de l'emploi vert et bleu, qui pourrait bénéficier à 250 000 jeunes par an. Madagascar représente 5% de la biodiversité mondiale, dont les 95% sont endémiques. Si des actions ne sont pas menées pour freiner la destruction continue de ce capital naturel, les conséquences seraient irréversibles. N'est-il pas temps pour le pouvoir de mettre la conservation des biodiversités au même rang de priorité que la décision relative à la construction des stades "Manara-penitra" ?

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