Cameroun: Ferveur autour de l'électeur roi

La campagne électorale du double scrutin législatif et municipal du 9 février prochain met les votants au centre de toutes les attentions.

Cette année électorale est porteuse d'espoir pour les Camerounais. On peut de plus en plus s'en rendre compte. Avec la convocation du corps électoral, la désignation des candidats par les partis politiques et surtout la promulgation le 24 décembre dernier de la loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, les citoyens ont très vite perçu les enjeux de la nouvelle donne politique. Depuis l'ouverture de la campagne électorale samedi dernier, rien ne va plus. Il n'y a plus de place pour la retenue, ni pour l'indifférence. Les jeux sont ouverts. 180 sièges de députés attendent preneurs. 360 communes se font désirer avec, en perspective, les habits neufs de la décentralisation.

En terme clair, le mandat électif n'est plus une formalité pour ceux qui demandent les suffrages des Camerounais. Les populations à travers la ferveur observée en ce moment affichent leur choix pour un quotidien aisé. Avec de belles routes en ville comme dans l'arrière pays, des salles de classe bien construites, une offre de santé plus proche de la base, des marché bien construits, des ponts qui ne s'effondrent plus après les premières grandes pluies. Le double scrutin législatif et municipal du 9 février prochain donne ainsi la latitude aux candidats et à l'électeur roi de se retrouver autour de l'arbre à palabre. Le résultat s'observe depuis samedi. Tous les poids lourds de la scène politique ont rejoint le terrain.

Ici et là, le lancement de la campagne s'est fait en fanfare. Le RDPC s'est déployé à partir du sommet. Le secrétaire général du Comité central, Jean Nkuete, par ailleurs président de la commission nationale de campagne, a été clair à l'esplanade de l'Hôtel de ville de Yaoundé. Le RDPC doit préserver ses acquis. Ses lieutenants à travers l'étendue du territoire national ont relayé cette consigne. On observera que dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le RDPC a envoyé deux anciens Premiers ministres en éclaireurs. Philemon Yang à Ayaba Hotel à Bamenda et Peter Mafany Musonge à Bongo Square à Buea. Ces hauts responsables du parti ont dit aux populations que le statut spécial, porté par le Code général des collectivités territoriales décentralisées est bon.

Digeste même pour parler comme les autres. A la faveur de ce double scrutin ici et là, la population suit avec intérêt, écoute et se renseigne parfois sur le potentiel des uns et des autres. En face du RDPC, le SDF, l'UNDP, l'ANDP, l'UDC, le PCRN... menacent. Caravanes motorisées de l'UDC sur l'ensemble du département du Noun pour dire au concurrent : le terrain est conquis. Même dispositif offensif à Kye-Ossi où l'UDC promet de dé- loger le RDPC de la mairie cette fois-ci. Dans le septentrion, on n'est pas spectateur. Le président national de l'ANDP a battu le rappel des troupes à Dougoï, à Maroua. Hamadou Moustapha a ainsi affiché sa détermination à arracher une mairie pour la première fois.

A Ngong dans l'arrondissement de Tcheboa, des poids lourds de l'UNDP, la coordinatrice des fédérations de la Benoué, Oumoul Koultchoumi Ahidjo et Mohamadou Ahidjo, ambassadeur itinérant à la présidence de la République, ont galvanisé leurs partisans samedi dernier avec des dégâts collatéraux dans les rangs de la concurrence. Du côté des berges du Wouri, Jean Jacques Ekindi est à la rencontre des électeurs. Dans un exercice qu'il affectionne. C'est ainsi qu'il tient à expliquer aux populations qu'il faut équilibrer les finances locales. Elles sont complètement déséquilibrées martèle-t-il dans sa quête aux suffrages à Wouri-Centre. La campagne électorale trahit aussi ici et là assurance et regain de vitalité de la communication politique. Jusqu'ici habitué à des meetings populaires parfois tonitruants, le citoyen retrouve désormais dans sa boîte mail, son compte Facebook ou WhatsApp la profession de foi d'un candidat qui lui demande son vote pour un meilleur accès aux infrastructures de base.

On se retrouve aussi nez à nez avec des enseignes lumineuses mettant en valeur des effigies des candidats. La ferveur de la campagne ne laisse pas la presse insensible. On sait déjà que les journalistes, tentés relayer les messages de boycott ont l'avertissement du régulateur, le Conseil national de la communication. De ce côté, Peter Essoka, ne veut aucune interférence porteuse de boycott, de violence encore moins de propos haineux. La presse doit donner la chance à tous les partis politiques mieux à tous les candidats pour permettre aux électeurs camerounais d'être faiseurs de rois le 9 février prochain...

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