Congo-Kinshasa: ISC - Une fausse alerte met le feu aux poudres !

28 Janvier 2020

Quel virus a-t-il infesté le secteur de l'enseignement supérieur et universitaire, qui risque de conduire à la déstabilisation et compromettre ainsi le déroulement des enseignements comme ce fut le cas au lendemain du discours de démocratisation prononcé par le Maréchal Mobutu, le 24 avril 1990 ?

En effet, depuis quelque temps, on assiste à des soulèvements intempestifs et récurrents dans nombre d'établissements de l'ESU à travers le pays.

Alors qu'on a encore frais dans la mémoire les désordres qui ont eu lieu à l'Université de Kinshasa, dont les conséquences n'échappent à la connaissance de personne. Car, les enseignements restent suspendus jusqu'à nouvel ordre. Et voilà que l'Institut Supérieur de Commerce (ISC) est entré à son tour en danse !

Hier, la circulation était momentanément interrompue et les activités paralysées sur l'avenue ex-24 novembre, spécialement dans le périmètre de l'ISC. Cause : un groupe d'étudiants de cet établissement s'est livré à des scènes de violence sur la voie publique : véhicules caillassés, jets de projectiles, etc. A la base : les frondeurs disaient protester contre la hausse des frais d'études.

Dans cette folie, ils sont sortis de leur campus pour se diriger vers un autre, en l'occurrence l'Académie des Beaux-Arts (ABA), dans le but d'entraîner leurs camarades du domaine de l'art dans le mouvement. Tout au long du parcours, c'était le désordre.

Qui a lancé l'alerte, et dans quel but ?

S'exprimant dans les médias sur la situation, le Directeur général de l'ISC a expliqué que la journée avait démarré normalement et les cours se dispensaient comme d'habitude. Vers 10 heures, un groupe d'étudiants a fait irruption dans des auditoires pour inviter leurs camarades à sortir et aller manifester dans la rue, au motif que les frais d'études venaient d'être revus à la hausse.

Sans prendre le temps de vérifier l'information et s'interroger sur la source de provenance. Hélas, la grande masse estudiantine s'est exécutée tels des moutons ! Voilà l'origine du désordre auquel on a assisté dans l'avant-midi sur l'avenue 24 novembre.

Constatant cela, sans tarder, le DG a immédiatement fait appel à la police (Ndlr : le campus de l'ISC dans le voisinage du Commissariat provincial de la Police nationale). Et l'intervention n'a pas tardé. Ce qui fait qu'on a pu limiter les dégâts.

Une fois le calme revenu, le Directeur général a tenu une réunion avec toutes les parties (corps académique et scientifique, administratif et représentants des étudiants).

A la question de savoir s'il existe un document attestant l'augmentation des frais d'études, personne par parmi les représentants des étudiants n'a pu apporter une quelconque preuve de ce qui finalement est apparu comme une rumeur.

Bien que le principe de révision à la hausse ait été adopté d'abord au niveau du ministère avant d'être entériné par le gouvernement, rien n'est encore décidé jusqu'ici, a précisé le DG. Avant d'annoncer que des concertations auront lieu quant à ce.

En attendant, les cours restent suspendus jusqu'à nouvel ordre.

Une main noire derrière les mouvements des étudiants ?

A analyser de près la situation qui prévaut dans les milieux supérieurs et universitaires, il y a lieu de s'interroger sur l'origine de tous ces mouvements spontanés qui, au finish, n'ont pas de soubassement. Comment expliquer que le même problème déjà traité et des réponses appropriées données, puisse revenir comme si les étudiants étaient complètement déconnectés de nouvelles qui touchent directement leur secteur ?

La tendance à répétition du même phénomène, quand bien même le problème posé a été pris en compte et des pistes de solution proposées, pousse à s'interroger sur les vraies motivations de toutes ces revendications apparemment vides de sens. Le cas de l'Unikin a fini par dévoiler la vraie identité des fauteurs des troubles dont la plupart ne sortaient pas des rangs des étudiants.

Il est temps que les autorités ouvrent l'œil et le bon pour nettoyer les milieux universitaires des intrus et autres inciviques par un contrôle sérieux et un recensement digne général des étudiants régulièrement inscrits.Dom

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