Afrique: Dear Basketball, le court métrage qui avait valu un Oscar à la légende NBA

Pour sa reconversion cinématographique, Kobe se voyait plus comme réalisateur qu'acteur. Et à l'instar de sa relation avec le panier, ce fut un énorme succès.

Kobe Bryant n'a pas été uniquement un immense athlète, un compétiteur hors pair et un père aimant. Bryant disait il y a quelque temps que le « basket ne suffisait pas à le définir ». Il avait raison. Kobe était aussi un réalisateur de talent. Un pan de sa personnalité que le monde a découvert à travers son film d'animation oscarisé en 2018 « Dear Basketball ».

Kobe a toujours su ce qu'il voulait et surtout comment y arriver. Dans le journal « L'Equipe » de dimanche, soit le jour de sa mort, Josh et Benny Safdie, les réalisateurs du long métrage « Uncut Gems », un thriller disponible à partir de vendredi sur Netflix, ont avoué avoir proposé un rôle au Black Mamba avant de se rabattre sur la légende des Boston Celtics, Kevin Garnett. Les frères Safdie ont expliqué qu'en 2015, ils avaient jeté leur dévolu sur la star des Lakers, avec laquelle ils partageaient la même société d'agent. Mais Kobe avait un autre plan. Pour sa reconversion cinématographique, le quintuple champion NBA se voyait plus comme réalisateur. Et à l'instar de sa relation avec le panier, ce fut un énorme succès.

« Dear Basket » c'est avant tout une déclaration d'amour à cette balle orange qui lui avait permis de devenir ce qu'il est et d'atteindre des sommets de popularité aux quatre coins du monde. Au moment de délaisser les parquets de la NBA, « Dear Basket » a tout d'abord été ce long poème qui en exposait les raisons. Pour sa reconversion, le même texte publié à l'origine sur le site « The Player Tribune » lui a ensuite permis de faire une entrée fracassante dans le monde du grand écran, à travers son adaptation en film d'animation. Une œuvre réalisée en collaboration avec Glen Keane. Le réalisateur de Pocahontas et La Petite Sirène, revenait en 2018 pour « AlloCiné », sur sa collaboration avec le néo-cinéaste et double médaillé d'or aux Jeux olympiques avec la team USA en 2008 et 2012 : « Bryant avait une mémoire photographique, il se souvenait de tous les matches qu'il avait joués. Il nous parlait de tout ce qui s'était passé dans sa tête, comment il s'entraînait, comment un entraînement précis l'avait préparé à une action précise».

Celui qui se réveillait à 2h ou 3h du matin pour aller perfectionner ses « moves » et ses « shoots », a réussi à transposer cette obsession dans la réalisation de son court-métrage. Une obsession teintée d'une profonde sincérité. Ce n'est donc pas une surprise si ce film de quatre minutes, d'une rare beauté, et animé dans un style « croquis » très singulier, en noir et blanc avec quelques touches de couleurs, commence par une déclaration d'amour émouvante : « A partir du moment où j'ai commencé à remonter les chaussettes de mon père et lancer des tirs décisifs imaginaires dans le Great Western Forum, j'ai su une chose : je suis tombé amoureux de toi. Un amour si intense que je t'ai tout donné, mon corps, mon esprit ainsi que mon âme». Le plan final n'en fut pas moins bouleversant et prend un écho particulier aujourd'hui. « Dear Basket » se termine par un plan de Kobe retournant dans le vestiaire après un dernier « Love, Kobe».

Joueur NBA durant vingt saisons sous le maillot des Los Angeles Lakers et auto-proclamé « Black Mamba » car, disait-il, comme lui, le serpent avait un pourcentage de réussite en attaque de 99%, Kobe Bryant est décédé à l'âge de 41 ans avec sa fille de 13 ans, ainsi que sept autres personnes, dimanche en début de matinée dans le crash de son hélicoptère à Calabasas, dans le sud de la Californie. Une poignante et brutale disparition qui a mis en émoi le monde entier. A Los Angeles, des milliers de cœurs brisés ont célébré leur héros, désorientés entre tristesse, incrédulité et volonté de saluer le meilleur joueur de l'histoire et un réalisateur brillant. RIP champion.

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