Burkina Faso: Déplacés du pays - «Il y a encore très peu de diplomatie humanitaire»

interview

Chaque semaine au moins, pour ne pas dire chaque jour, des groupes armés font parler d'eux au Burkina Faso. La conséquence, c'est une explosion du nombre de déplacés internes. Entretien avec Jan Egeland, secrétaire général du NRC en visite au Burkina Faso, sur la prise charge des déplacés.

RFI : Pourquoi la prise en charge des réfugiés est-elle aujourd'hui si compliquée ?

Jan Egeland : Il y a très peu de coordination. Le gouvernement dit vouloir coordonner les choses, mais il est peu visible sur place, et ce que l'on voit donc ce sont des organisations humanitaires totalement débordées, comme nous, et qui n'ont pas assez de financement pour répondre aux besoins de tous les gens qui arrivent. Car chaque jour de nouvelles personnes fuient les violences.

RFI : Est-ce que l'on peut dire que le gouvernement est trop absorbé par les opérations militaires pour prendre en charge les déplacés ?

Jan Egeland : Je pense que le gouvernement est tout aussi inquiet que nous devant cette situation. Rien que dans la zone où je me suis rendu, il y a eu trois attaques la semaine dernière. Et notamment une près de la route que nous emprunté hier après-midi, c'était juste après notre passage. Donc je pense que le gouvernement est très inquiet, mais il est aussi débordé car ses ressources sont trop limitées. Nous voudrions proposer notre aide au Burkina Faso, nous voulons travailler avec les autorités et surtout ce que l'on veut c'est une meilleure coordination entre militaires et humanitaires. Parce qu'aujourd'hui, la logique militaire qui est aussi soutenue par la France et les pays du G5 de la région ne suffit pas. Vous ne pouvez pas partir de cette situation en augmentant seulement les moyens militaires. C'est une crise du développement et une crise humanitaire profonde qui touche ces régions.

RFI : Avez-vous essayé d'établir un contact avec les groupes terroristes pour négocier un accès plus facile à ces déplacés ?

Jan Egeland : Il y a une loi au Burkina Faso maintenant, une loi qui interdit d'entrer en contact avec tout groupe identifié comme terroriste. Mais à long terme on aura besoin de parler avec toutes les parties, ce que l'on fait dans tous les conflits, partout dans le monde. C'est la seule solution si on veut pouvoir atteindre les civils qui se sont pris en étau. Mais pour l'instant il y a encore très peu de diplomatie humanitaire, au-delà de l'action des forces gouvernementales.

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