Congo-Kinshasa: Moitié plein, moitié vide

La Haute Représentante des Nations-Unies aux droits de l'homme vient de séjourner en RDC. Cinq jours au cours desquels Michelle Bachelet s'est imprégnée, comme bien d'autres avant elle, des questions épineuses de l'exercice des droits humains dans un pays post-(ou en) conflit, selon que l'on voit le verre sanguinolent à moitié plein ou à moitié vide.

Certes, une amélioration est perceptible quant à l'expression des droits civiques. En revanche, (et la nuance mérite d'être soulignée), l'exercice plein des droits de l'homme continue à marquer le pas.

En Ituri d'abord, où elle a débuté son périple congolais, province donnée pour l'épicentre actuel des tueries interethniques entre Hema et Lendu, et sujet d'un rapport hautement contesté autant par les victimes supposées que par les quasi-génocidaires Lendu.

Les Nations Unies, puisant à pleines mains dans les rapports des Organisations non gouvernementales jadis en froid avec le régime du président Kabila, ont beau jouer de pointer un doigt accusateur en direction des Forces armées de la République démocratique du Congo, auxquelles on fait endosser le fardeau infamant des massacres de civils et de viols en série.

La justice militaire a beau juger à tour de bras des officiers et hommes de rang pris sur le fait, et condamnés à de lourdes peines, rien n'y fait. Le coupable-complice est tout trouvé. Et ses métastases macabres se sont étendues jusqu'au Kasaï, où le sang de Michael Sharp et Zaida Catalan, les deux experts onusiens assassinés continue à crier vengeance. Ici plus qu'ailleurs, l'ancienne présidente du Chili se révulse face aux lenteurs de la justice militaire, comme si la Cour militaire de Kananga avait déjà classé le dossier sans suite.

Mais là où l'opinion serait tentée, et à juste titre de donner raison à Mme Droits de l'Homme de l'ONU, c'est quand elle lance un vibrant appel aux autorités, qu'elle invite à lutter sans désemparer contre l'impunité. Démarche qui suppose des réformes responsables dans l'exercice de la justice. Pour aboutir à ôter à la magistrature congolaise l'image oppressante d'une justice des riches où les intouchables annihilent, malheureusement, l'effort de développement.

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