Burkina Faso: Evacuation sanitaire de Djibril Bassolé - Le président Roch Kaboré accède à la demande de l'opposition et de sa famille

29 Janvier 2020

La santé du général Djibril Yipéné Bassolé, l'ex-ministre des Affaires Etrangères sous le régime de Blaise Compaoré n'était pas au beau-fixe. Une évacuation sanitaire s'avérait donc nécessaire pour sauver l'homme.

C'est désormais chose faite. Le Président Roch Christian Kaboré vient d'accéder à la demande de sa famille et de celle de l'opposition politique. Le général Bassolé a pu ainsi quitter Ouagadougou, le mardi 28 janvier 2020, pour des soins en France.

Dans un courrier au Président du Faso, le Chef de file de l'opposition politique, Zéphirin Diabré avait attiré l'attention de M. Kaboré sur la nécessité de l'évacuation sanitaire de l'ex-chef de la diplomatie du pays des hommes intègres.

« Faisant suite à nos échanges sur la question, je viens à nouveau attirer votre haute attention sur la question de la santé du Général Djibril Bassolé, qui a émis le souhait d'être évacué à l'extérieur dans un établissement spécialisé dans le traitement des maux dont il souffre », écrit M. Diabré.

Et de rappeler au Président du Faso que « le dialogue politique, qui s'est achevé depuis maintenant plus de six (6) mois, avait déjà lancé un appel à votre endroit pour que sa demande soit traitée sous l'angle humanitaire. » Pour lui donc si rien n'est fait cela pouvait « contribuer à l'aggravation de la santé de l'intéressé. »

Un peu plutôt, la fille du général Bassolé avait dans une tribune intitulée « Pour la survie de Djibril Bassolé » sur sa page officielle Facebook indiqué qu'il est de la « plus grande urgence de donner une chance » à son père de ne pas « succomber sans soins appropriés aux pathologies qui l'affectent. » Yasmine Aicha Bassolé conclut : « Chaque jour compte. Sauvez mon père ! »

Dans une note, Tahirou Barry, le ministre démissionnaire de la Culture, candidat déclaré à la présidentielle 2020 au Faso a demandé aux autorités en charge de l'examen de sa demande d'évacuation sanitaire de « faire preuve de grande diligence et de promptitude ».

Dans un témoignage émouvant, M. Barry écrit : « J'avoue que j'ai résolument et longuement combattu politiquement le général Bassolé jusqu'à son arrestation et son jugement.

Mais, ayant eu des échos persistants sur la dégradation grave de son état de santé, j'ai pris une autorisation pour lui rendre visite, il y a quelques jours dans sa prison à la MACA, en tant qu'acteurs politiques d'une même patrie.

A sa vue, je me suis accroché à mes plus solides fibres masculines pour ne pas couler des larmes. C'est la voix de l'homme qui m'indiquait que j'étais en face de notre ex ministre des Affaires Etrangères.

Tout en lui était méconnaissable et je pense que cette image qui circule actuellement paraît, d'ailleurs meilleure que la réalité que j'ai découverte. Mon timing de 15 mn a été surtout ponctué de très longs silences que de paroles.

Le général a certes commis des fautes mais pour des raisons humanitaires . Nos divergences politiques ne doivent pas triompher sur nos valeurs humanistes. Meilleure santé à lui et à tous ceux qui ont mal quelque part ».

L'état de santé évoqué par l'ex-ministre Tahirou Barry est confirmé par notre confrère Bledson Mathieu qui a pu voir le ministre Bassolé à Ouagadougou lors d'un reportage sur les attaques djihadistes au Burkina Faso.

« L'image qui circule, affirme le journaliste, ne reflète pas la réalité car le général Bassolé est visiblement très mal en point ».

À 62 ans, Djibril Bassolé, l'ex-ministre du Président Blaise Compaoré a été condamné à dix ans de prison ferme pour le putsch manqué de 2015. L'évacuation du général Bassolé apprend-on s'est faite en échange d'une caution de 30 millions de francs CFA.

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