Congo-Kinshasa: Corruption, fraude, coulage des recettes... - Vaste opération « mains propres » à Kinshasa !

29 Janvier 2020

Le Parquet général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe vient de déclencher une grande enquête auprès des entreprises et services publics, des régies financières de l'Etat ainsi que des sociétés privées en rapport avec des cas de corruption, de fraude, de coulage des recettes publiques, de détournements des deniers publics et de trafic d'influence.

Cette « vaste opération mains propres » vise à savoir si les normes légales sont respectées dans le recouvrement des taxes douanières, accisiennes, fiscales, administratives, domaniales et autres.

Selon la « Réquisition d'information » signée par l'Avocat général Bruno Kibanza Makumbu en date du 18 janvier 2020, une liste non exhaustive de 146 sociétés et services tant publics que privés à contrôler a été établie dans un premier temps, en attendant sans doute son élargissement dans les jours ou semaines à venir. On croit savoir que le Parquet général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe agit dans la droite ligne de la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, qui avait épinglé la corruption, dès sa prise de fonctions il y a une année, comme l'une des antivaleurs à combattre et éradiquer dans le meilleur délai.

Le fâcheux précédent de la « Commission Lisanga »

En ce moment où tous les regards sont tournés vers le Parquet général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe, chargé de faire le ménage dans le secteur de la mobilisation des recettes au profit du Trésor public, le fâcheux précédent de la « Commission Lisanga », mise en place en 2009 pour enquêter sur la minoration des recettes à la DGI (Direction Générale des Impôts), ne cesse de hanter les esprits. Alors que l'opinion nationale et les parlementaires attendaient impatiemment les résultats de son travail, ses membres, à savoir des députés nationaux, avaient préféré se faire graisser la patte plutôt que de démanteler le réseau des détourneurs des deniers publics. Le scandale avait éclaté, en séance plénière de l'Assemblée Nationale, à la suite du mauvais partage des pots-de-vin par le président de ladite commission, nous avons cité Jean-Pierre Lisanga Bonganga.

Compte tenu de ce qui précède, le souhait du commun des Congolais ait que le Parquet général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe sélectionne des magistrats et inspecteurs judiciaires suffisamment outillés dans les investigations relatives aux cas de corruption, de fraude, de coulage des recettes publiques, de détournement des deniers publics et de trafic d'influence. Ces « fonctionnaires » devraient être de bonne moralité et jouir d'une totale indépendance dans l'exécution de leur mission. Afin de les responsabiliser davantage, ils devraient même être soumis à un serment avant leur déploiement sur le terrain. Le sens de ce serment devrait être le risque, pour eux, de précéder les corrupteurs et corrompus en prison en cas d'indélicatesses.

Mise en garde aux « parrains »

C'est le lieu de mettre en garde la multitude de « parrains » - ministres, sénateurs, députés nationaux, hauts magistrats, officiers supérieurs de l'armée et de la police, responsables des services spéciaux - passés maîtres dans le trafic d'influence, avec pour objectif non avoué la protection des mandataires publics, fonctionnaires et opérateurs économiques coupables de corruption, fraude, coulage des recettes publiques et détournement des deniers publics.

On a assisté, tout récemment, à un ballet d'avocats du diable dans l'affaire de 200 millions de dollars que la Gécamines était sommée de payer au groupe Dan Gertler, pour une dette fictive. Un haut cadre du FCC a menacé de paralyser le pays si le PCA de cette entreprise était interpellé par la justice.

Plus d'une fois, des enquêteurs (magistrats, inspecteurs judiciaires, policiers, inspecteurs des Finances) ont été terrorisés par les protecteurs de ceux qui s'enrichissent sur le dos du contribuable congolais, au préjudice du Trésor public. Si le nouveau pouvoir peut siffler la fin de l'impunité pour cette caste d'« intouchables », en leur ouvrant les portes des prisons en cas de complicité avec les pilleurs des fonds publics, ce serait un signal fort en direction de tous ceux qui ont toujours été tentés d'interférer dans les dossiers judiciaires.

On attend donc impatiemment, à bref délai, les résultats de l'opération mains propres en cours au niveau du Parquet général près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe.Kimp

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